Un nouveau comité d’experts pour Macron? Mais pour quoi faire?

Image d'illustration: Flickr
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Tous les médias en parlent: le président de la République a décidé de réunir un nouveau comité d’experts pour l’aider dans la gestion de l’épidémie de coronavirus.

Mais il en avait déjà un. Alors, à quoi sert le nouveau? FL24 vous dit tout.

Le Figaro annonce: “L’Élysée a annoncé mardi matin la création d’un nouveau comité de conseil au chef de l’État pour affronter la crise du coronavirus. Emmanuel Macron s’appuyait déjà sur le comité scientifique pour ses prises de décisions politiques, le voici  désormais entouré du “comité analyse recherche et expertise” pour conseiller le gouvernement sur les traitements et les tests contre le coronavirus. Composée de douze chercheurs et médecins, cette instance vise à conseiller le gouvernement sur les traitements et les tests contre le coronavirus. Elle permet surtout à Emmanuel Macron de boucher un angle mort. Celui laissé par le Conseil scientifique sur le volet pratique de la lutte contre le coronavirus.”

Là, on croit rêver. Il existait donc un “angle mort”, et c’était le “volet pratique”? Mais alors, à quoi a servi le Conseil scientifique jusqu’ici? À élaborer des théories sans rapport avec la réalité? À réfléchir sur les vertus de l’homéopathie, de l’acupuncture et de la tisane? À comparer de très belles photos de virus prises au microscope électronique?

Réponse officielle: “À trop se concentrer sur la stratégie globale à adopter, l’exécutif s’est retrouvé empêtré dans plusieurs polémiques collatérales: le déploiement ou non d’une politique de tests de la population d’une part, le recours ou non à la chloroquine pour traiter les malades d’autre part.”

Pardon? Les tests et la chloroquine, des “polémiques collatérales”? Doit-on comprendre que le Conseil scientifique a passé son temps à reproduire les débats qui agitent les réseaux sociaux depuis une semaine? Mais alors, en quoi ces gens étaient-ils experts?

En réalité, cette manœuvre est une vielle tactique bien connue des bureaucraties socialistes: quand un Comité Théodule Numéro Un échoue lamentablement, au lieu de le reconnaître et d’en tirer les conséquences nécessaires, le pouvoir central crée un Comité Théodule Numéro Deux qui a exactement la même mission que le premier. Quitte à créer un Comité Théodule Numéro Trois un peu plus tard, si le deuxième s’avère incapable de régler le problème. C’est ainsi que deviennent obèses les bureaucraties.

Pourquoi Macron joue-t-il ainsi au bonneteau? Parce que le Professeur Raoult a claqué la porte du Comité Théodule Numéro Un, ce qui pose un problème politique massif à Macron. Raoult est immensément populaire depuis une semaine, il est perçu par le peuple comme un sauveur, la France entière exige que son traitement soit généralisé, et son départ risque de faire plonger la popularité de l’exécutif dans des abysses jamais vues durant la Cinquième République.

Ainsi, l’Élysée vient de déclarer: “Dans cette crise, le président décide et agit en fonction des informations qui lui sont apportées. Cela ne veut pas dire que nous sommes entrés dans le gouvernement des experts, les Français n’ont pas élu un comité scientifique, souligne un proche du président. Mais il faut leur montrer le terreau de rationalité dans lequel il puise de l’expertise.”

“Le terreau de rationalité”! Quelle expression aberrante! Les spin-doctors de l’Élysée sont décidément complètement burn-out. Pourquoi pas “le terroir de génie au cœur de notre force”?

Alors, l’Élysée adopte la bonne vieille recette étatique: il recule devant la colère de la rue et sort un lapin d’un chapeau, en laissant entendre que le lapin précédent avait la myxomatose. Macron, s’il adopte les positions de Raoult dans les jours qui viennent, pourra dire: “C’est pas ma faute si je me suis trompé, c’est mes scientifiques qui m’ont dit n’importe quoi!” Personne ne le croira, mais cela permettra de dévier le tir nourri de pavés vers des coupables désignés. Comme, par exemple, Yves Lévy, directeur de l’INSERM, époux d’Agnès Buzyn, ennemi juré de Raoult et leader du Comité Théodule Numéro Un. Le jour où Macron devra faire tomber une tête pour sauver la sienne, Lévy sera la proie idéale. Il sera alors condamné à une lourde peine de prison qu’il n’effectuera jamais. On oubliera bien vite que c’est Macron qui a nommé Lévy et lui a fait confiance contre Raoult. Il y a du lynchage symbolique dans l’air.

Au fait, savez-vous où se trouve Cahuzac au moment où vous lisez ces lignes? Dans sa résidence de Corse, un bracelet électronique au poignet. Il n’a jamais passé une seule journée en prison. Il pourra bientôt inviter Lévy. Ils boiront des coups sur la terrasse, au soleil, entre ex-experts.

Source: Le Figaro

 

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