L’armée allemande fait appel à un interprète afghan qui la trahit. Combien a-t-il vendu les secrets à l’Iran?

Image d'illustration Photo: AdobeStock
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Ce lundi, le tribunal de grande instance de Coblence a condamné à six ans et dix mois de prison ferme un ancien traducteur “germano-afghan” de l’armée allemande pour espionnage au profit de l’Iran. Son épouse, qui comparaissait libre, a quant à elle écopé d’une peine de dix mois avec sursis.

L’espion identifié comme étant Abdul S., 51 ans, a été reconnu coupable de “trahison dans un cas particulièrement grave”.

Employé comme interprète civil par la Bundeswehr à la caserne Heinrich-Hertz de Daun, près de Coblence, l’ afghan possédant également la nationalité allemande, a été reconnu coupable d’avoir “transféré des secrets d’Etat à caractère militaire à des collaborateurs du service du renseignement iranien”.

L’accusé était déjà incarcéré depuis un an, et risquait la perpétuité, soit au moins 15 ans de prison en Allemagne, mais les juges ont indiqué qu’ils avaient tenu compte du fait que les deux avaient avoué les faits et disposaient auparavant d’un casier judiciaire vierge.

La justice allemande a estimé avéré qu’il a à partir du 28 janvier 2013 rencontré à au moins huit reprises dans différentes villes européennes des agents des services secrets iraniens pour leur remettre des documents de l’armée allemande, notamment des évaluations et des analyses de situations militaires dans certains pays.

Ces rencontres se sont arrêtées début février 2017 et les contacts ont été interrompus à son initiative. Pour la livraison de ces informations, Abdul S. a été payé plus de 60 000€ par les services de la République islamique d’Iran.

Son épouse, Asiea S., 40 ans, connaissait ses activités au moins à partir de début 2016 et lui a apporté un soutien logistique, notamment en réservant ses voyages. En revanche, le tribunal n’a pas pu établir les motivations qui ont conduit cet homme à livrer des informations aux agents iraniens.

Averti par “un service secret allié”, le service de contre-espionnage militaire allemand MAD a commencé à le soupçonner en 2017. Il avait remarqué que ses voyages dans certains pays européens coïncidaient avec ceux de responsables des services secrets iraniens.

Pour le démasquer, ils lui ont donné accès à plusieurs documents soi-disant confidentiels, mais fabriqués de toutes pièces, qu’il se serait empressé de remettre à ses contacts, assure Der Spiegel.

Selon un rapport du renseignement intérieur allemand, l’Iran est l’un des pays les plus actifs en matière d’espionnage dans le pays, aux côtés de la Russie et de la Chine.

Source: AFP, Le Point

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