Plainte en Suisse contre l’opération Rubicon: des dizaines de gouvernements ont payé pour se faire espionner par la CIA

Image d'illustration Photo: DR
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Le gouvernement suisse a déposé une plainte contre la CIA pour utilisation d’une société de cryptographie comme façade pour espionner les communications secrètes de divers États, a déclaré dimanche le bureau du procureur général suisse.

La plainte fait suite aux récents rapports sur l’opération Rubicon, qui a impliqué pendant des décennies les services d’espionnage de la CIA et du BND allemand, lisant secrètement les messages secrets d’autres États, encodés avec la technologie vendue par la société suisse Crypto AG.

C’est le cas de Crypto, qui commercialisait pendant des décennies des dispositifs et des logiciels de cryptage tout en étant secrètement détenu par les services de renseignement américains et allemands qui pouvaient ainsi avoir un libre accès aux communications des gouvernements.

Bien que les grandes lignes de l’opération Rubicon soient connues depuis des années, de nouveaux détails sur sa portée et sa durée ont été rendus publics le mois dernier par des journalistes d’investigation suisses, allemands et américains.

Le bureau du procureur général suisse examinera la plainte avant de décider d’ouvrir une procédure pénale, selon l’information du journal Sonntags Zeitung.

Une porte-parole du ministère suisse de l’Économie a confirmé que la plainte avait été déposée, mais a refusé de donner des précisions.

La technologie que Crypto a vendue à des dizaines de gouvernements, dont ceux de l’Iran, de l’Inde, du Pakistan, de la Libye, de l’Égypte, du Chili et de l’Argentine, présentait des portes dérobées intégrées qui rendaient les messages facilement lisibles par les espions américains et allemands. En fait, les pays clients ont payé des millions pour être espionnés.

Le souci est de savoir si le gouvernement suisse était informé de ce stratagème. La pression politique monte pour que le Parlement lance sa propre enquête afin de découvrir qui, en Suisse, était dans le secret du projet.

Selon le Sonntags Zeitung, le Secrétariat d’État à l’économie, chargé d’autoriser les exportations d’équipements sensibles, pense avoir été trompé en autorisant la vente des machines et des logiciels de Crypto, et affirme qu’il ne l’aurait jamais fait s’il avait eu connaissance du stratagème.

Source: Reuters/Sonntags Zeitung/Channel News Asia

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