DSK le banquier: paradis fiscaux et escroquerie à grande échelle

Photo / Slate / DR
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Une fois n’est pas coutume, le site de France Culture livre un vrai grand reportage. Dense et touffu, il décrit avec minutie les aventures financières rocambolesques de Dominique Strauss-Kahn, lorsqu’il prit la direction d’une banque d’affaire, LSK. On y apprend que l’amant furtif de Nafissatou Diallo participait activement à la construction d’un labyrinthe fait d’argent louche, de mensonges, d’illégalité et d’arnaques, avec un cadavre d’associé à la clé.

Cerise sur le gâteau: 200 clients de LSK n’ont jamais revu leur argent. Et toute cette affaire est tellement sale qu’ils n’essaient même pas de le récupérer, pour ne pas être soupçonnés à leur tour! Morceaux choisis.

“Quelques mois avant de devenir président de LSK, Dominique Strauss-Kahn dénonçait devant une commission du Sénat le manque de volonté des États pour lutter contre les paradis fiscaux. Ignorait-il que sa “banque d’investissement” aurait aidé à créer des sociétés offshore pour ses clients, comme l’a révélé l’enquête internationale sur les Panama papers ? DSK affirme que oui. Il ne savait rien.”

“Un chiffre est frappant. Les enquêteurs estiment à environ 200 le nombre de clients qui ont perdu des fonds dans la faillite de LSK. Pourtant, seuls quatre d’entre eux ont porté plainte. L’avocat Matthieu Croizet, qui défend l’un d’entre eux, l’homme d’affaires français Jean-François Ott, a une idée sur la question : “C’est peut-être parce que l’argent déposé dans cette société n’avait pas d’existence légale dans le pays des personnes qui l’avaient donné en gestion ?” s’interroge-t-il. “Si vous déposez de l’argent qui n’est pas déclaré dans une boîte de gestion et que d’un coup vous le perdez, vous ne pouvez pas vous plaindre, parce que cet argent n’existe pas !”

Cette hypothèse semble confirmée par plusieurs anciens clients de LSK entendus par les douaniers, comme cet ancien commerçant prospère de l’Est de la France. Il avait confié 11 millions d’euros, patiemment accumulés et dissimulés tout au long de sa carrière, à Thierry Leyne. “J’avais confiance, regrette-t-il. Thierry Leyne a fait ce qu’il a voulu de mes avoirs.” En l’occurrence, il a tout dilapidé. A-t-il porté plainte, lui demandent les enquêteurs ? “Non, répond-il. Je ne veux pas qu’on parle de moi dans la presse. Je suis en train de régulariser ma situation fiscale en France”.

On connaissait Madoff, on redécouvre DSK: un banquier tellement étrange que l’on n’ose même pas lui demander des comptes quand il fait disparaître l’argent qu’on lui a confié. Si Francis Coppola veut tourner Le Parrain 4, il saura où trouver l’inspiration.

Source: France Culture

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