Deux morts et plusieurs blessés lors des affrontements entre la police et l’armée haïtiennes

Les médias locaux ont fait état de deux morts et de plusieurs blessés en Haïti après qu’une manifestation de la police, revendiquant pour les conditions de travail, a dégénéré. Les célébrations du carnaval à Port-au-Prince ont été annulées pour éviter un “bain de sang”.

Un soldat a été tué dans la capitale haïtienne de Port-au-Prince dimanche, selon les médias locaux, lorsque des policiers ont tiré sur un quartier général de l’armée dans une violente escalade de protestations exigeant de meilleures conditions de travail pour la police.

Les policiers ont échangé des coups de feu avec les soldats pendant des heures après l’arrêt de leur manifestation, près du palais national. Il n’est pas facile de dire quel camp a commencé à tirer en premier.

L’état-major militaire a parlé d’un assaut mené par des individus “encagoulés et munis d’armes à feu”. “Nous sommes assaillis. Nous sommes sous le feu d’armes de toutes sortes, de fusils automatiques, de cocktails Molotov, de gaz lacrymogènes.

Des centaines d’activistes ont rejoint des dizaines de policiers, certains en civil et d’autres portant un uniforme de police et un masque, alors qu’ils avançaient vers le palais présidentiel pour exiger une augmentation des salaires.

Au moins trois officiers de police et un militaire ont été blessés lors des affrontements, qui, selon le ministère de la défense, ont été menés par des hommes armés et masqués. Depuis des mois, la police haïtienne réclame de meilleures conditions de travail, notamment le droit à disposer d’un syndicat.

Les violences de dimanche ont coïncidé avec le début d’un carnaval de trois jours à Port-au-Prince. La célébration a depuis été annulée “pour éviter un bain de sang”, a annoncé le gouvernement.

Un décor du Carnaval, gardée par l’armée, a également été incendié la semaine dernière, lorsque des policiers ont bloqué la circulation et mis le feu à des voitures.

Samedi, le président haïtien Jovenel Moise a tenté d’apaiser les tensions en proposant des mesures incluant la création d’un fonds d’indemnisation pour les familles des policiers tués en service ainsi qu’un fonds d’assurance pour les officiers.

Les problèmes avec la police vont de pair avec une augmentation de la criminalité. Depuis le début de l’année, le nombre d’enlèvements contre rançon a augmenté, en plus de la violence entre bandes rivales.

Ce pays pauvre des Caraïbes est également en proie à une crise politique depuis plus d’un an. Moïse est arrivé au pouvoir début 2017, mais l’opposition n’a jamais reconnu sa victoire, qui a été largement considérée comme douteuse.

Source: DW/AFP/AP/Reuters

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