Au bout de plus d’un an de procédures pour viols, l’islamologue Tariq Ramadan enfin devant le juge

Tariq Ramadan/Wikimedia Commons
Tariq Ramadan/Wikimedia Commons

Pas très rapides, les procédures si le prévenu est un islamiste connu. Tariq Ramadan, mis en examen pour deux viols et menacé par plusieurs plaintes, est attendu jeudi chez les juges plus d’un an après son dernier interrogatoire.

Cet islamologue de 57 ans, de nationalité suisse, devait être interrogé initialement le 23 janvier par les juges d’instruction, mais son malaise au rez-de-chaussée du tribunal de Paris a fait annuler l’audition.

Son dernier interrogatoire sur le fond du dossier remonte au 22 octobre 2018, jour de sa volte-face: après neuf mois de détention et de dénégations, Tariq Ramadan avait reconnu avoir eu des rapports sexuels avec ses deux premières accusatrices, tout en affirmant qu’ils étaient “consentis”.

Il avait été libéré le 16 novembre 2018, après le versement d’une caution de 300 000 euros et la remise aux autorités de son passeport suisse.

Tariq Ramadan est mis en examen depuis le 2 février 2018 pour “viol” et “viol sur personne vulnérable”, pour les faits dénoncés par deux femmes, Henda Ayari et “Christelle”, respectivement en 2012 à Paris et en 2009 à Lyon.

Une troisième femme, Mounia Rabbouj, l’a ensuite accusé de neuf viols sur la période 2013-2014. Pour ces faits, il n’est pas poursuivi.

Depuis le dernier interrogatoire de l’islamologue, l’enquête a toutefois été élargie par le parquet de Paris au cas de trois nouvelles victimes potentielles.

Parmi elles, une femme surnommée “Elvira” est devenue l’été dernier la 4e femme en France à porter plainte contre cette figure de l’islam européen, longtemps populaire auprès des musulmans en France.

Les deux autres accusatrices ont été identifiées sur des photos retrouvées dans l’ordinateur de l’islamologue, et auditionnées en février 2019.

Elles n’ont pas encore été entendues par les juges d’instruction et l’une des deux s’est finalement constituée partie civile ces derniers jours.

Tariq Ramadan peut théoriquement être mis en examen pour ces nouveaux cas, ce qui est peu probable avant que ces femmes aient été entendues par les juges d’instruction.

Tariq Ramadan, qui dénonce les “mensonges” de ces accusatrices et “l’emballement médiatique”, est interdit de quitter le territoire depuis sa sortie de prison.

Pour la deuxième fois, la justice vient de lui refuser mardi l’autorisation de se rendre ponctuellement à son domicile londonien, selon des sources proches du dossier.

En congé de l’université d’Oxford depuis le déclenchement de l’affaire fin 2017, l’islamologue souhaite notamment reprendre les consultations auprès des médecins qui lui ont diagnostiqué en 2006 une sclérose en plaques.

Source: AFP/Le

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