Une journaliste tweete un article sur l’affaire de viol par Kobe Bryant le jour de sa mort, elle se fait sanctionner

Felicia Sonmez. Kobe Byant Photo: Twitter/Wikimedia Cpmmons
Felicia Sonmez. Kobe Byant Photo: Twitter/Wikimedia Cpmmons

Le Washington Post a suspendu une journaliste après qu’elle ait tweeté sur l’affaire de viol dont était accusé Kobe Bryant, quelques heures seulement après la mort de la star du basket-ball et de sa fille dans un accident d’hélicoptère.

Dimanche après-midi, alors que le monde apprenait la nouvelle et les premiers détails de la mort de Kobe Bryant, la journaliste Felicia Sonmez du Washington Post a tweeté un lien vers un article de 2016 du Daily Beast sur l’affaire du viol datant de 2003.

Durant l’été 2003, Kobe Bryant a été accusé de viol par une employée d’un hôtel du Colorado où il passait sa rééducation à la suite d’une blessure. L’affaire a un écho retentissant dans les médias américains, Kobe Bryant ayant notamment admis avoir eu une relation sexuelle avec l’employée, affirmant cependant qu’elle était consentante. L’image de Kobe Bryant, l’idole nationale, a été fortement entachée, certaines marques ont rompu leurs contrats avec le joueur.

L’article retweeté traitait justement de cette affaire. Les réactions des internautes ont été violentes au point de pousser la journaliste à se défendre. “Aux 10 000 personnes (littéralement) qui ont commenté et m’ont envoyé des menaces de mort, s’il vous plaît, prenez un moment et lisez l’article qui date d’il y a plus de trois ans, et non par moi“.

Et de continuer dans le tweet suivant: “Tout personnage public mérite qu’on se souvienne de lui dans sa totalité, même s’il est aimé et que cette totalité est troublante.” Felicia Sonmez poursuit: “le fait que les gens réagissent avec rage et me menacent en dit long sur la pression que subissent les gens pour garder le silence dans ce genre de cas“.
Ses tweets ont été supprimés par la suite.

Le rédacteur en chef du Washington Post, Martin Baron, a envoyé un courriel à Felicia Sonmez peu après en lui reprochant un réel manque de jugement. Dans un communiqué publié lundi, la direction a déclaré que les tweets de Sonmez “ont sapé le travail de ses collègues“.

Après l’annonce de la suspension de Felicia Sonmez, de nombreux médias ont critiqué cette décision, y compris des collègues du journal.

La Guilde du Washington Post a également défendu Sonmez dans une longue déclaration, en partie en déclarant “Felicia a reçu une avalanche de messages violents, y compris des menaces qui contenaient son adresse personnelle. Au lieu de protéger et de soutenir une journaliste face aux abus, le journal l’a enoyé en congé forcé. Felicia a dû quitter sa maison en craignant pour sa sécurité“.

Olivia Nuzzi, correspondante du magazine new-yorkais à Washington, a tweeté: “Les organisations de presse devraient protéger leurs journalistes, et non pas acquiescer à la foule quand elle vient les chercher. Le Washington Post n’a pas seulement laissé tomber Felicia Sonmez, mais a créé un dangereux précédent“.

Source: The New York Post

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