Hidalgo drague-t-elle les Gilets jaunes? La maire de Paris tanne Castaner sur les violences policières

Anne Hidalgo et Christophe Castaner Photo: Wikimedia Commons
Anne Hidalgo et Christophe Castaner Photo: Wikimedia Commons

La maire de Paris et candidate à sa réélection Anne Hidalgo veut-elle s’attirer les voix des Gilets jaunes et autres manifestants? Sur les ondes de France Inter, elle a tanné le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner sur la question des violences policières.

Suite à la diffusion d’une vidéo montrant un policier frappant un manifestant au sol, Anne Hidalgo a été interrogée sur France Inter pour savoir si elle demandait la démission du préfet de police de Paris Didier Lallement. La maire de Paris a répondu qu’elle “ne demande pas de sanctions”, mais un changement de doctrine dans le maintien de l’ordre.

Mais “il faut absolument que le préfet de police de Paris revienne à la doctrine Grimaud, le préfet de 1968, qui a été un des penseurs de la doctrine en matière de maintien de l’ordre, c’est-à-dire permettre l’expression libre de toutes les manifestations, et éviter qu’il y ait des morts ou des blessés“.

Il faudrait que le ministre regarde de plus près ce qui se passe aujourd’hui à la préfecture de police“, a-t-elle ajouté.

Préfet de police de Paris au cours des événements de Mai 1968, Maurice Grimaud avait géré avec intelligence le maintien de l’ordre pour éviter que les affrontements ne fassent des morts. C’est aussi lui qui s’était opposé à l’arrestation de Daniel Cohn-Bendit.

Dans une lettre du 29 mai 1968 adressée aux forces de l’ordre, le préfet rappelle que “frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu’ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés.

Certaines lignes de sa lettre semblent s’adresser directement aux CRS d’aujourd’hui: “passé le choc inévitable du contact avec des manifestants agressifs qu’il s’agit de repousser, les hommes d’ordre que vous êtes doivent aussitôt reprendre toute leur maîtrise.

Né en 1913, Maurice Grimaud avait été témoin, à l’âge de 21 ans, de la confrontation mortelle qu’il y avait eu entre manifestants et forces de l’ordre le 6 février 1934 sur la place de la Concorde.

Source: France Inter/Twitter

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