Le père Preynat, un psychopathe dans l’Église

Bernard Preynat/DR
Bernard Preynat/DR

Le procès du père Preynat aura mis en lumière l’étrange personnalité d’un prêtre pédophile particulièrement dangereux. Les avis des psychiatres permettent de cerner un être sombre et complexe, incapable de ne pas nuire.

Le Monde, s’appuyant sur les déclarations des psychiatres et avocats, décrit abondamment le profil psychologique de cet homme. Voici les morceaux choisis des descriptions faites par ceux qui l’ont scruté et analysé.

Lors de ses entretiens en 2017 avec les experts, “Bernard Preynat n’a jamais évoqué les agressions sexuelles qu’il a dit mercredi, à la barre, avoir subies dans son enfance.” Étrange. Pourquoi l’avoir caché? Sont-ces des inventions de dernière minute?

“Mi-prêtre, mi-traître”, il est de type pervers sexuel. Il n’accède pas à la souffrance de l’autre”. C’est le trait le plus impressionnant des pervers: ils n’ont aucune notion de la douleur engendrée chez autrui.

“En ne maîtrisant pas ses pulsions, il trahissait son vœu de chasteté et son engagement de prêtre.” La pédophilie paraît toujours plus condamnable chez un prêtre que chez un autre homme. Elle se range à un niveau de nocivité comparable à celui de l’inceste.

“C’est un être doubleavec une face obscure, du côté du mal, et une autre face lumineuse, lui qui faisait l’admiration de tous.” La plupart des psychopathes sont admirés avant de se faire coincer. Ils mentent, séduisent manipulent, et obtiennent de leurs proies un amour sincère, parfois une forme d’adoration complète.

“Il avait construit un mécanisme de défense : le déni et le clivage.” Le déni pour ne pas voir ses fautes en face. Le clivage pour passer d’une personnalité à l’autre, du prêtre au prédateur, en un clin d’œil.

“Il m’expliquait que les enfants avaient l’air satisfaits.” À peu près tous les pédophiles disent cela. Et Matzneff n’est pas le dernier.

Et le Monde apporte le coup de grâce en décrivant le caractère quantitatif de ses méfaits: “Ses agressions ont eu lieu entre 1971 et 1991 à Sainte-Foy-lès-Lyon, la paroisse où il officiait, et lors de camps à l’étranger. De son propre aveu, jusqu’à “quatre à cinq” par semaine. “Sur la période, ça fait entre 3 000 et 4 000, vous êtes en train de juger un dossier à mille agressions sexuelles près, quand une seule suffit à briser la vie d’un homme”, s’est indigné jeudi au tribunal Me Jean Boudot, avocat d’une victime.”

La peine requise par le ministère public est de huit ans fermes minimum. Jugement en mars.

Source: Le Monde

 

 

 

 

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