Un procès sous haute tension à Fort-de-France: émeute devant le tribunal

Justice. Image d'illustration/Pixabay
Justice. Image d'illustration Photo: Pixabay

Une quasi-émeute a eu lieu, lundi 13 janvier, devant le tribunal correctionnel de Fort-de-France en Martinique, entre les forces de l’ordre et plusieurs dizaines de militants anti-chlordécone, un puissant pesticide qui a pollué les sols antillais et est suspecté d’être la cause de nombreux cancers de la prostate.

La comparution de sept militants accusés de violences sur personne dépositaire de l’autorité publique lors d’une manifestation qui a mal tourné en novembre dernier a dû être renvoyée au 3 juin.

Des heurts entre forces de l’ordre et des militants anti-chlordécone, ce pesticide qui a durablement pollué les Antilles, ont éclaté lundi en début d’après-midi à Fort-de-France aux abords du tribunal correctionnel où devait se tenir un procès sous haute tension de sept militants.

Face au début d’émeute, le procès a finalement était renvoyé au 3 juin, et le tribunal a dû être évacué.

Les sept militants avaient été interpellés le 28 novembre dernier, cinq jours après une manifestation qui avait mal tourné devant un centre commercial du Robert (centre-ouest de la Martinique).

Depuis plusieurs semaines, des manifestants bloquent des centres commerciaux en Martinique, accusant leurs propriétaires, d’être à l’origine de la pollution au chlordécone, un pesticide utilisé dans les bananeraies de 1972 à 1993, qui a infiltré les sols antillais pour des centaines d’années et qui est suspecté d’être à l’origine de cancers de la prostate, très nombreux aux Antilles.

Accusés de violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, les sept militants avaient été placés en garde à vue, et trois d’entre eux placés sous contrôle judiciaire. Tous, devaient comparaitre lundi après-midi.

Plusieurs dizaines de leurs soutiens, rassemblés avec des banderoles, ont manifesté jusqu’au tribunal, dont l’entrée était étroitement gardée par la police et filtrée.

L’accès limité à l’audience a rapidement fait monter la tension. Un premier tir de gaz lacrymogène pour disperser la foule a mis le feu aux poudres. Les manifestants ont répondu par des jets de pierre, de bouteilles en verre puis de cocktails molotov.

Des individus ont tenté de pénétrer de force au sein du tribunal judiciaire et ont jeté des projectiles à l’encontre des forces de l’ordre“, a déclaré le préfet de Martinique Franck Robine dans un communiqué. “Face à cette violence, la police nationale a été conduite à utiliser la force pour rétablir l’ordre“, a-t-il ajouté, déplorant “ces actes intolérables et les agissements des manifestants qui se livrent à ces violences“.

Alors que le parvis du tribunal s’embrasait, dans la salle d’audience, les avocats de la défense ont demandé le renvoi de l’affaire en raison de la grève de leur barreau contre la réforme des retraites et de la nécessité de pouvoir plaider dans une ambiance sereine.

Ils ont également dénoncé l’organisation du tribunal en matière de sécurité, assurant que si les manifestants réagissaient ainsi, c’est parce qu’on leur avait interdit l’accès à une audience pourtant publique. Après délibération, le président du tribunal a renvoyé l’affaire au 3 juin et décidé la levée des trois contrôles judiciaires.

Dimanche, une manifestation de soutien aux sept prévenus avait rassemblé une centaine de personnes, en majorité originaires des Antilles, place de la Nation à Paris.

L’apaisement doit revenir et une petite minorité violente ne saurait l’empêcher“, a réclamé le préfet. “C’est par le dialogue et par le travail conjoint que les difficultés de la Martinique seront surmontées“, a-t-il conclu.

Source: AFP

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