La faillite du système de santé en France: plus de 1000 médecins prêts à démissionner!

Image d'illustration/CC Flickr – heipei
Image d'illustration/CC Flickr – heipei

Plus de 1000 médecins, dont quelque 600 chefs de service, sont prêts à démissionner, faute de négociations sur les budget de l’hôpital public. Ils menacent non pas d’arrêter les soins, mais d’abandonner leurs responsabilités administratives.

Si la ministre de la Santé n’engage pas de “négociations” sur le budget et les salaires de l’hôpital, ils menacent de “démissionner collectivement” à partir de leurs fonctions administratives. Plus de 1000 médecins hospitaliers, dont quelque 600 chefs de service ont écrit une lettre à Agnès Buzyn, mardi 14 janvier.

L’hôpital doit être réformé, mais il n’y a pas de grande réforme possible sans moyens“, écrivent les signataires d’une lettre ouverte. Ils y dénoncent “l‘insuffisance du plan d’urgence” qu’elle a dévoilé fin novembre.

C’est pour vous alerter solennellement que nous avons pris en toute responsabilité, la décision inédite et difficile de démissionner collectivement à partir du 14 janvier 2020 si à cette date des négociations ne sont pas engagées“, préviennent ces chefs de service, responsables d’unités fonctionnelles, et autres responsables de pôles issus de toute la France.

Tous réclament “une revalorisation significative des salaires, en plus des diverses primes annoncées“, une rallonge supplémentaire de 600 millions d’euros pour les hôpitaux en 2020 et une révision profonde de leur mode de financement et de leur gouvernance.

Nos revendications sont tout à fait raisonnables“, a estimé le Dr Olivier Milleron, cardiologue à l’hôpital parisien Bichat et porte-parole du CIH. “On n’imagine même pas ne pas être reçus” par la ministre, a-t-il ajouté.

Si toutefois ce n’était pas le cas, les signataires envisagent non pas d’arrêter les soins mais d’abandonner leurs responsabilités administratives et leur rôle d’interlocuteur avec les directions hospitalières.

En guise de réponse, Agnès Buzyn n’a que la langue de bois. Elle s’est dite consciente du “découragement des soignants” et a rappelé les mesures déjà annoncées pour permettre notamment “aux hôpitaux qui en ont besoin de rouvrir des lits ou d’embaucher du personnel“.

La promesse d’une reprise d’un tiers de la dette hospitalière, soit 10 milliards d’euros, sur trois ans, sera amorcée “au deuxième semestre” de l’année 2020, a-t-elle annoncé. De quoi dégager, selon elle, “entre 800 millions et 1 milliard d’euros par an de trésorerie” pour les établissements.

À titre d’exemple, un 1 milliard d’euros c’est ce que représente la dette du plus grand hôpital de France, la Timone de Marseille. C’est d’une réforme du système dont on a besoin et pas d’une aumône ni d’un bouche-trou.

Source: AFP

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici