220 soldats de plus. Sur un coup de bluff, Macron obtient que l’armée française reste en Afrique

Soldats de l'opération Barkhane/Wikimedia Commons
Soldats de l'opération Barkhane/Wikimedia Commons

Emmanuel Macron a obtenu ce qu’il voulait. Confrontés à une escalade des attaques djihadistes, les présidents de cinq pays sahéliens ont convenu lundi de renforcer leur coopération militaire avec la France. Le président français en a profité pour dénoncer avec colère des discours “indignes” anti-français portés notamment par des “puissances étrangères”.

Comme le leur réclamait le président français, les dirigeants des pays G5 Sahel qu’il avait conviés à Pau ont signé une déclaration commune où ils ont “exprimé le souhait de la poursuite de l’engagement militaire de la France au Sahel“.

Une réponse très attendue par Paris à la montée du sentiment anti-français, en particulier au Mali et au Burkina. Lors de leur conférence de presse commune lundi soir, les participants n’ont cependant fait aucun commentaire sur le sujet.

Ces derniers ont aussi convenu des évolutions stratégiques de la lutte anti-djihadiste, concentrant leurs efforts sur certains points, augmentant les efforts de formations des armées du Sahel et appelant tous les pays et partenaires souhaitant contribuer à participer à une “Coalition pour le Sahel”.

Alors que les États-Unis envisagent un désengagement de leurs troupes en Afrique, les pays du G5 Sahel ont aussi “exprimé leur reconnaissance à l’égard de l’appui crucial apporté par les États-Unis et ont exprimé le souhait de sa continuité“.

Leur désengagement serait une mauvaise nouvelle pour nous“, a affirmé Emmanuel Macron. “J’espère pouvoir convaincre le président Trump que la lutte contre le terrorisme se joue aussi dans cette région“, a-t-il déclaré.

Fort de ces décisions, Emmanuel Macron a annoncé l’envoi de 220 hommes supplémentaires, qui viendront renforcer les troupes françaises de Barkhane, déjà fortes de 4500 hommes.

Lui qui avait évoqué, sur un coup de bluff, un possible retrait des soldats français dans la région, critiqués par une partie des opinions publiques africaines, a confirmé avoir été pleinement rassuré sur ce point par ses homologues africains.

Lancée en 2014, l’opération militaire Barkhane vise à combattre les djihadistes dans la région. Le Royaume-Uni, l’Estonie et le Danemark participent à l’opération Barkhane aux côtés de la France.

Ce sommet s’est tenu au lendemain de l’annonce des pires pertes subies par l’armée nigérienne jeudi dans une attaque djihadiste: 89 soldats tués, dans le camp de Chinégodar, près du Mali.

Selon l’ONU, plus de 4000 personnes ont été tuées dans des attaques terroristes en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

Source: AFP

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