Saccage du péage de Narbonne en marge des Gilets jaunes: jusqu’à cinq ans de prison ferme

Le péage de Narbonne/DR
Le péage de Narbonne/DR

21 des 31 personnes jugées pour le saccage d’un péage et d’un peloton de gendarmerie, en marge d’une manifestation de “gilets jaunes” il y a un an, ont été condamnées mardi à des peines de prison ferme. La peine la plus lourde est de 5 ans avec le mandat de dépôt.

Le tribunal correctionnel de Narbonne, qui a atténué les peines requises par le parquet, a assorti ces condamnations de deux mandats de dépôt, deux maintiens en détention et d’un mandat d’arrêt.

Kevin, 29 ans, a écopé de la peine la plus lourde, soit cinq ans de prison avec mandat de dépôt. Désigné par un autre des prévenus comme conducteur de l’engin ayant servi à projeter un véhicule en feu sur la barrière de péage, il a nié les faits reprochés.

Les forces de l’ordre sont satisfaites. “C’est un jugement mesuré. Il est bien en deçà des réquisitions“, a estimé le colonel Marc Gonnet, commandant du groupement de gendarmerie de l’Aude. “Ce qui nous importe est que la quasi-totalité des prévenus a été condamnée, cela confirme les faits. Justice a été rendue. On verra s’il y a appel et comment seront pris en compte les préjudices personnels et collectifs des gendarmes“, a-t-il ajouté.

Après 10 jours d’audience, le parquet avait demandé le 17 décembre de la prison ferme pour 27 des 31 manifestants, dénonçant dans son réquisitoire “des scènes de chaos, de guérilla, d’apocalypse” commises par “une foule bête et brutale“. Il avait également requis onze mandats de dépôt et le maintien en détention de deux des prévenus.

Les avocats de la défense avaient pour leur part dénoncé un acharnement du parquet et un “procès politique”, dans le contexte des Gilets jaunes, craignant que les 31 prévenus, dont trois femmes, ne paient pour les quelque 200 personnes présentes la nuit des faits.

Selon les avocats, “le fiasco est qu’il manque les vrais casseurs et pilleurs car pratiquement tout le monde a été relaxé pour le saccage et le pillage de la gendarmerie. Il y a des absents mais cela n’a pas été un procès pour l’exemple comme je le redoutais“. En clair, selon la défense, ce sont les Gilets jaunes, entraînés par un phénomène de foule, qui payent pour les Black Blocs. “Il manque à l’évidence les véritables auteurs de l’incendie de la gendarmerie.

La nuit du 1er au 2 décembre 2018, lors de l’acte 3 des Gilets jaunes, dans cette ville de l’Aude alors fortement mobilisée, environ 200 personnes s’étaient retrouvées au niveau de la barrière de péage de Narbonne Sud, qui avait été incendiée. Les locaux du peloton autoroutier de la gendarmerie et ceux de la société Vinci avaient été incendiés et pillés.

Au cours du procès, peu de prévenus — tous âgés d’une vingtaine ou trentaine d’années, pour la plupart au chômage ou en situation de précarité — se sont revendiqués Gilets jaunes ou militants.

Source: AFP

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