Carlos Ghosn est mis en cause dans des affaires aussi en France

Carlos Ghosn Photo: Wikimedia Commons
Carlos Ghosn Photo: Wikimedia Commons

Carlos Ghosn n’a vraiment pas de bol. Ce franco-libano-brésilien, accusé de malversations au Japon, s’en échappe de manière rocambolesque. Arrivé au Liban, il s’est retrouvé avec une plainte pour trahison à cause de ses contacts avec Israël. Il lui reste quoi? Le Brésil? Parce qu’en France, il a aussi des comptes à rendre.

Si le gouvernement estime que la fuite de l’ex-patron de Renault-Nissan du Japon vers le Liban n’est “pas une affaire française” et promet de ne pas l’extrader, il reste sous la menace de plusieurs enquêtes en France.

  1. Deux soirées au château de Versailles dans le collimateur

En mars 2019, le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire, s’intéressant à deux soirées organisées au château de Versailles en échange d’une convention de mécénat entre Renault et l’établissement qui gère le château.

La première a eu lieu le 27 mars 2014 pour fêter les quinze ans de l’alliance. Mais parmi les invités figuraient essentiellement des proches de Carlos Ghosn, dont c’était l’anniversaire. Ces festivités avaient coûté plus de 630 000 euros, payés par le groupe automobile.

La seconde soirée, le 8 octobre 2016, a été organisée pour le mariage de Carlos Ghosn avec son épouse Carole, célébré en grandes pompes dans la galerie des Cotelle et le péristyle du Grand Trianon, lieux emblématiques du château de Versailles.

Carlos Ghosn n’avait pas eu à dépenser un centime pour la location des lieux, pourtant évaluée à 50 000 euros. Il avait pu en bénéficier en raison d’une convention signée entre Renault et le Château de Versailles, d’un montant de 2,3 millions d’euros, qui autorisait Renault à recevoir une contrepartie à hauteur de 25% de son mécénat.

2. Des contrats douteux avec Rachida Dati et Alain Bauer

À l’été 2019, le parquet national financier a ouvert une information judiciaire pour “abus de biens sociaux” et “corruption”, concernant des contrats de conseil conclus par la filiale néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan, RNBV.

Trois juges d’instruction sont chargés de l’enquête. Dans leur viseur figurent deux contrats que l’ancien PDG de Renault aurait passés avec la maire du VIIe arrondissement de Paris, Rachida Dati, en sa qualité d’avocate, et avec le criminologue Alain Bauer.

L’ancienne garde des Sceaux aurait touché 900 000 euros d’honoraires de RNBV entre 2010 et 2012. Alain Bauer aurait quant à lui touché un million d’euros entre 2012 et 2016. Dans les deux cas, la réalité du travail effectué est mise en cause.

Une enquête préliminaire avait été ouverte fin mai dans cette affaire, après une plainte déposée le 17 avril par une actionnaire de Renault. Cette plainte visait Rachida Dati, Alain Bauer, mais aussi Carlos Ghosn et son épouse.

3. 11 millions de dépenses suspectes

Début juin 2019, le conseil d’administration de Renault a annoncé que 11 millions d’euros de dépenses suspectes engagées par Carlos Ghosn avaient été identifiés par un audit interne, mené conjointement avec Nissan au sein de leur filiale commune RNBV.

Cet audit a évoqué des “surcoûts de déplacement de Carlos Ghosn par avion” et “des dons ayant bénéficié à des organismes à but non lucratif“.

Dans la foulée, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a assuré qu’une plainte serait déposée par Renault, dont l’État détient 15%.

Source: AFP

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