Tout le monde l’utilise, mais… d’où vient le mot “racailles”?

Image d'illustration/Youtube
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On pourrait croire que c’est Nicolas Sarkozy, le 26 octobre 2005, qui a inauguré ce terme: avant ce jour-là, peu de gens l’utilisaient. Depuis, toute la France s’en sert pour qualifier les délinquants qui terrorisent nos banlieues. Mais d’où vient “racailles”?

Eh bien, Sarkozy n’y est pour rien. Le mot apparaît dès le douzième siècle, sous la forme “rascaille”, qui vient de la même famille que le terme normand “râcler”, qui vient lui-même du latin “rasicare”, signifiant “raser”. Bref, une racaille, c’est un type qui vous dépouille: il “rase tout” sur son passage.

Son utilisation courante date de la fin du dix-neuvième siècle. On le trouve chez Émile Zola dès 1877, et dans le journal des frères Goncourt dès 1887.

En 1870, un historien s’indigne que certains voyous soient proches du pouvoir: “C’est le bouleversement de tout! La racaille va maintenant à la cour!” On se croirait sous Macron, quand des rappeurs, torse nu, sont invités à l’Élysée pour le 14 juillet.

En 1915, un auteur décrit ainsi les notaires: “D’la racaille! Des mecs qui prennent cent sous pour vous écrire deux lignes!” Là non plus, ça n’a pas beaucoup changé en un siècle…

Dans le passé de notre langue, les synonymes les plus admis de “racaille” sont “crapule” et “fripouille”. Aujourd’hui, les synonymes seraient plutôt “gangster” ou “lascar”.

Étonnante langue française! Elle a beau être malmenée, humiliée, violée par l’affreux langage des racailles et la langue de bois des technocrates, elle conserve intacts son passé, son histoire, et attend le jour de prendre sa revanche.

Source: Cnrtl, meilleur dictionnaire en ligne de la langue française. Source vidéo: Youtube.

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