Bernard Pivot pris dans l’affaire Gabriel Matzneff: sa réaction fait hurler la gauche devenue morale

Bernard Pivot/Wikimedia Commons
Bernard Pivot/Wikimedia Commons

Alors que Gabriel Matzneff se retrouve dans la tourmente depuis 48 heures suite à l’annonce de la prochaine parution du livre de Vanessa Springora où elle évoque le goût de l’écrivain pour “les moins de seize ans”, ainsi que la (re)diffusion d’un extrait de l’émission Apostrophes où le sujet est très librement abordé, Bernard Pivot n’est pas épargné. L’ancien présentateur de télévision a en effet livré vendredi une réaction qui n’a, à son tour, pas manqué de faire réagir.

Vendredi, le journaliste et écrivain s’est fendu d’un tweet pour livrer sa réaction suite à l’exhumation par l’INA d’un extrait de son ancienne émission Apostrophes. Une séquence datant de mars 1990 dans laquelle Gabriel Matzneff évoque sans détour son attirance pour les mineures ainsi que ses nombreuses conquêtes parmi les adolescentes.

Accusé de complaisance avec le sulfureux écrivain, en raison notamment du ton rigolard de son interview (“Pourquoi vous êtes-vous spécialisé dans les lycéennes et les minettes?“), l’ancien président de l’académie Goncourt parle d’une autre “époque”.

Dans les années 70 et 80, la littérature passait avant la morale; aujourd’hui, la morale passe avant la littérature. Moralement, c’est un progrès. Nous sommes plus ou moins les produits intellectuels et moraux d’un pays et, surtout, d’une époque.

Alors que la vidéo de l’Institut national de l’audiovisuel a été vue plus de 660 000 fois depuis mercredi, cette intervention de Bernard Pivot passe très mal sur les réseaux sociaux. “J’ai beau chercher, je ne comprends toujours pas en quoi le fait de ne plus tolérer qu’un dandy pervers de 40 ou 50 ans mette son sexe dans la bouche d’une enfant de 13 ans ou exploite des petits garçons en Asie du Sud-Est est une menace pour la création littéraire…“, a notamment estimé l’essayiste et député européen socialiste Raphaël Glucksman.

Quant à la réalisatrice Andréa Bescond (“Les Chatouilles”, film sur la pédocriminalité), elle a rapidement estimé que l’ancien présentateur d’Apostrophes aurait dû faire son “mea culpa”: “Peut-être vouliez-vous dire : ‘Dans les années 70 et 80, la littérature passait avant la loi et le crime, il était temps que cela change, nous avons été des complices passifs, sans aucune morale, nous étions les produits d’une triste époque, nous aurions dû réagir, mea culpa‘”.

Une indignation de la gauche néo-puritaine comme d’habitude sélective. Dans la même émission “Apostrophes” du 23 avril 1982, Daniel Cohn-Bendit déclare: “Moi j’ai travaillé avec des gosses qui avaient entre 4 et 6 ans. Ben vous savez quand une petite fille de 5 ans, 5 ans et demi commence à vous déshabiller, c’est fantastique parce que c’est un jeu érotico-maniaque.

Alors, deux poids, deux mesures?

Source: AFP

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