Western d’État: le duel Macron-Philippe commence

Emmanuel Macron/DR
Emmanuel Macron/DR

Ça se passe toujours comme ça, en France: au bout d’un moment, plus ou moins long selon les cas, l’Élysée devient le pire ennemi de Matignon, et inversement. Pour la Macronie, le temps de ce déchirement est arrivé.

C’est Le Monde qui le révèle aujourd’hui: “On n’a jamais été si proches du point de rupture au sommet de l’État”, confie un membre du gouvernement. En clair: Macron et Philippe ne se supportent plus et l’un des deux va devoir manger l’autre.

Tout s’est accéléré avec un contrepied. Hier matin, Macron annonce qu’il est prêt à faire quelques pas en arrière. Mais, pendant ce temps, Philippe négocie avec les syndicats, mais il n’a pas été averti de la déclaration de Macron. Il la prend très mal, forcément, car l’Élysée lui passe par-dessus et embrouille des négociations pourtant déjà tendues. Les ennuis commencent.

À l’Élysée et à Matignon, on nie en bloc: des deux côtés, on utilise la célèbre formule, “il n’y a pas une feuille de papier à cigarette entre eux et nous”, mais cette formule est mauvais signe, car elle annonce généralement un orage imminent.

En coulisses, les explosions se multiplient. Le Monde entre dans le détail du duel: “Alors, divergence stratégique ou pas ? Selon nos informations, de sources concordantes, la réforme des retraites a donné lieu il y a quelques jours à une sérieuse explication entre l’Élysée et Matignon. En cause : des fuites dans la presse dévoilant les intentions du gouvernement. Selon ces mêmes sources, le directeur de cabinet du Premier ministre, Benoît Ribadeau-Dumas, a accusé le conseiller spécial du Président, Philippe Grangeon, d’être à l’origine de ces indiscrétions. L’intéressé, qui a fort mal pris ce procès en déficit de solidarité, a vivement démenti. Blessé, il se mure depuis dans le silence complet.” Sympa, l’ambiance.

Et voici le plat de résistance: toujours selon Le Monde, la vraie raison de la bagarre naissante est double. D’une part, la Macronie veut virer Philippe. D’autre part, Philippe veut se présenter en 2022. Et là, on retrouve le bon vieux règlement de comptes entre le Président se cherchant un bouc-émissaire et le Premier ministre voulant remplacer le Président. La Ve république dans ce qu’elle a de plus pitoyable.

C’est le schéma des guerres Giscard-Chirac, Mitterrand-Rocard, Chirac-Balladur, qui ont marqué la France contemporaine par leur violence. Entre Manu le Complexe et Philippe le Fade, le spectacle s’annonce gratiné.

Source: Le Monde

 

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici