Le PDG de la SNCF rate son entrée en scène

Jean-Pierre Farandou Photo: DR
Jean-Pierre Farandou Photo: DR

On ne l’avait pas encore entendu jusqu’ici. Il vient de s’adresser à son personnel via une vidéo interne à l’entreprise. Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, entre sur le ring.

Voyons ce qu’il a à dire à ses employés les plus communistes pour les convaincre de laisser les Français se retrouver pour Noël.

“La période des fêtes est un important moment de retrouvailles pour les familles. Vendredi prochain, un grand nombre de nos concitoyens voudront voyager pour retrouver leurs parents, leurs enfants, leurs amis. Comme tous les ans, ils seront des millions à vouloir prendre le train pour assurer leurs déplacements.”

Certes. Quoi d’autre?

“Les familles — y compris d’ailleurs celles des cheminots — comprendraient difficilement que nos trains ne roulent pas, alors qu’ils comptent sur nous pour voyager.”

La question n’est pas de comprendre, cher Jean-Pierre, mais de souffrir. D’avoir du chagrin, de ne pas pouvoir se réunir devant la crèche et le sapin. Pour certains grands-parents, c’est la seule occasion dans l’année de voir leurs enfants. Pour certaines familles, ce sont des vacances prévues depuis des mois. Pour tant de magasins, hôtels et restaurants de tant de villes de province, c’est le moment-clé de l’année. Il ne s’agit pas de “comprendre difficilement”, mais d’enrager contre la poignée de communistes qui gâchent et détruisent tout cela.

“C’est pourquoi je m’adresse à tous les cheminots et aux organisations syndicales pour nous retrouver ensemble au service des Français pendant cette période. Je demande à ceux qui sont dans le mouvement de réfléchir à faire une pause durant les fêtes.”

Dans une telle situation, aussi grave, engageant les angoisses de millions de Français, un vrai patron doit-il “demander”? On a un peu l’impression que Jean-Pierre Farandou supplie la CGT et Sud. Est-ce la bonne attitude?

Ne devrait-il pas faire preuve de plus d’autorité, de charisme, de grandeur? On doute qu’un tel message convainque les cheminots rouges. Jean-Pierre Farandou abat ses cartes, mais il n’a pas de joker, face à des syndicats qui ont Staline et Trotsky.

Source: Le Parisien

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