En Hongrie, les artistes veulent l’argent de Viktor Orban pour pouvoir cracher sur Viktor Orban

Image d'illustration/Wikimedia Commons
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Plusieurs milliers de Hongrois, dont le maire libéral de Budapest et des personnalités du monde culturel, ont manifesté lundi soir contre un projet de réforme du gouvernement de Viktor Orban renforçant le contrôle sur les théâtres. Ils veulent que le gouvernement les paye pour pouvoir librement cracher sur le gouvernement. 

De nombreux metteurs en scène et acteurs ont participé au rassemblement dans le centre de Budapest alors que le secteur culturel est en ébullition depuis que la majorité conservatrice hongroise a dévoilé sur le site du Parlement son projet de réforme.

Le gouvernement a justifié sa volonté de renforcer son contrôle sur les théâtres financés par des fonds publics après une retentissante affaire de moeurs dans l’un des établissements réputés de Budapest.

A la suite de cette affaire, un responsable du parti Fidesz du Premier ministre Viktor Orban avait tancé les théâtres qui “demandent de l’argent au gouvernement tout en refusant l’accès à leurs affaires et en cachant des crimes pendant des années“.

Si le projet de loi est adopté, un représentant de l’Etat interviendra désormais dans la sélection des directeurs de théâtre, a déclaré lundi un porte-parole du gouvernement.

Viktor Orban se voit régulièrement reprocher des atteintes à l’équilibre des pouvoirs et à l’Etat de droit. Les secteurs de la justice, de l’éducation et de la presse ont notamment été soumis à une organisation plus centralisée.

Ces derniers jours, plusieurs metteurs en scène et acteurs réputés ont lancé une campagne contre la nouvelle loi au moyen de vidéos sur les réseaux sociaux.

Les opposants à la réforme accusent le gouvernement pour “restreindre l’indépendance” artistique des théâtres, qui produisent parfois des oeuvres critiques envers le gouvernement. En clair, l’opposition réclame de l’argent pour financer la liberté de cracher sur celui qui leur donne de l’argent. Une bien curieuse idée de l’indépendance.

Dans le monde de l’entreprise, et dans tout les autres domaine d’ailleurs, rien de plus normal: celui qui paye est celui qui commande. Du moment où on accepte l’idée d’une culture organisée et financée par l’Etat, c’est l’Etat qui impose ses règles. Que ce soit en Hongrie ou en France, où on réserve les subventions à la gauche culturelle et on condamne en même temps les artistes à la mort civile sur la moindre suspicion du politiquement incorrect.

Si les artistes hongrois considèrent que leur “liberté artistique” leur impose l’impératif de servir de tube de propagande au service de l’opposition de gauche, ils n’ont qu’à monter leurs propres théâtres, financés avec la vente de billets ou des sponsors. Exactement comme font les artistes ostracisés en France.

Source: AFP

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