Entre la prison, le tribunal et les municipales, l’infatigable Patrick Balkany va de surprise en surprise

Patrick Balkany/Flickr
Patrick Balkany/Flickr

Après l’annonce de sa candidature aux municipales depuis sa prison, la semaine s’annonce décisive pour Patrick Balkany: l’infatigable maire de Levallois-Perret saura lundi s’il est libéré avant son procès en appel pour fraude fiscale, qui débute mercredi.

L’élu de 71 ans est incarcéré depuis le 13 septembre, date de sa condamnation à quatre ans de prison, pour fraude fiscale. Un mois plus tard, il était condamné à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé avec un nouveau mandat de dépôt.

Son épouse et première adjointe Isabelle, 71 ans, a été également condamnée dans ces affaires, à trois ans de prison pour fraude puis à quatre ans pour blanchiment, mais sans mandat de dépôt. Elle reste donc libre et remplace son mari à l’Hôtel de ville de Levallois.

Tous deux ont fait appel et viennent de s’engager dans la course des municipales. Lui, depuis sa cellule de la Santé, elle, depuis la mairie de Levallois. Le ticket Balkany suscite des remous mais reste très largement plébiscité par les administrés de la commune.

Légalement, rien n’interdit au maire, condamné comme son épouse à dix ans d’inéligibilité, de briguer à nouveau le fauteuil qu’il occupe depuis 37 ans, presque sans discontinuer.

Lundi après-midi, le baron des Hauts-de-Seine sera fixé sur sa troisième demande de mise en liberté. La cour d’appel de Paris va examiner sa demande de libération dans le dossier de blanchiment et d’abaissement de sa caution de 500 000 euros fixée dans le dossier fraude fiscale.

Libre ou détenu, le maire sera une nouvelle fois face à ses juges mercredi. Jusqu’au 18 décembre, le couple Balkany aura à nouveau à répondre d’accusations de fraude fiscale — avant son procès en appel pour blanchiment en février.

Le tribunal avait souligné le “rôle prépondérant” du maire dans la mise en œuvre d’une “fraude fiscale massive afin de léser les intérêts d’une République française dont il se disait pourtant le fidèle serviteur“.

Les Balkany sont poursuivis pour n’avoir pas payé l’ISF entre 2010 et 2015, malgré des actifs estimés à 16 millions d’euros annuels, mais également d’avoir déclaré des revenus amplement sous-évalués entre 2009 et 2014.

Pour le tribunal, le couple aurait notamment dû déclarer la luxueuse villa Pamplemousse de Saint-Martin, qu’Isabelle Balkany avait tardivement reconnu posséder, mais aussi un somptueux riad à Marrakech, que le couple nie avoir acheté.

Au total, les sommes éludées sont estimées à 4 millions d’euros, un montant vigoureusement contesté par la défense.

Le couple avait justifié son train de vie — “un océan d’argent liquide” selon l’accusation — par sa fortune familiale. Patrick Balkany avait longuement évoqué un héritage dissimulé en Suisse et des lingots d’or légués par son père revenu d’Auschwitz.

Source: AFP

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