Le verdict dans le procès de la bande de “jeunes” qui ont brûlé quatre policiers à Viry-Châtillon tombe aujourd’hui

Les deux voitures brûlées/DR
Les deux voitures brûlées/DR

L’attaque avait provoqué une onde de choc dans les rangs de la police: les 13 “jeunes” sont jugés depuis un mois et demi à huis clos dans l’affaire des policiers brûlés au cocktail Molotov à Viry-Châtillon en 2016. Ils seront fixés sur leur sort ce mercredi.

Jugés par la cour d’assises de l’Essonne pour tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique, ces jeunes, aujourd’hui âgés de 19 à 24 ans, encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Parce que trois d’entre eux étaient mineurs en 2016, le procès, qui s’est ouvert le 15 octobre sous haute protection policière, s’est tenu à huis clos.

Le 8 octobre 2016, deux voitures de police stationnées à proximité de la Grande Borne, considérée comme l’une des cités les plus sensibles d’Île-de-France, sont prises d’assaut par une vingtaine de jeunes.

En quelques secondes, ils parviennent à briser les vitres et jettent dans l’habitacle des cocktails Molotov.

Dans une première voiture, les deux sièges avant s’enflamment. Un adjoint de sécurité, aujourd’hui 31 ans, et une gardienne de la paix, 42 ans, prennent feu. Cette dernière, en flammes, parvient à s’extirper de la voiture, transformée en torche. “J’ai des enfants, aidez-moi”. Les assaillants rigilent.

Son collègue, lui, ne parvient pas tout de suite à ouvrir la portière. A-t-elle été bloquée par un ou plusieurs accusés? L’enquête ne l’a pas déterminé.

Une fois dehors, l’adjoint de sécurité se roule par terre pour éteindre les flammes, puis il reçoit un autre cocktail Molotov. Il sera admis à l’hôpital entre la vie et la mort, le corps brûlé à 25%.

Dans l’autre voiture de police, les deux agents parviennent à sortir malgré le cocktail Molotov tombé sur la banquette arrière. Ils seront blessés plus légèrement.

Pendant ce temps, les agresseurs, eux, repartent vers la Grande Borne.

Il s’agit d'”une attaque barbare, sauvage, qui était destinée à tuer”, avait réagi le ministre de l’Intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve.

Des mots qui n’ont pas suffi à apaiser la colère de toute une profession. Pendant un mois, une série de manifestations eurent lieu dans toute la France avec à chaque fois des centaines de policiers dans la rue venus crier leur malaise face à “la haine anti-flics”.

L’enquête a été longue et laborieuse. Malgré les 1000 personnes entendues, les investigations n’ont pas permis de faire toute la lumière sur cette affaire, en raison de la “loi du silence” selon les enquêteurs.

Sur les 19 silhouettes qui apparaissaient sur les images captées par une caméra de surveillance, seuls 13 “jeunes” sont actuellement jugés. 6 autres échappent à la justice. La plupart appartiennent à une même bande de la Grade-Borne.

Pour la défense, le dossier, fondé sur des “témoignages anonymes, des rumeurs et des revirements”, demeure “extrêmement fragile”. Pas pour les parties civiles dont l’un des avocats, Me Thibault de Montbrial, soutient que “la volonté de tuer ne faisait aucun doute”.

Le verdict devrait être rendue dans la nuit de mercredi à jeudi

Source: AFP

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