Grâce à la grève du 5 décembre, les “cars Macron” vont s’en mettre plein les poches

Flixbus. Image d'illustration/Pixabay
Flixbus. Image d'illustration/Pixabay

La grève des transports du 5 décembre fait aussi des heureux. Les deux compagnies des “cars Macron” (du nom de la loi Macron, de 2015) vont organiser des rotations supplémentaires. Si elles assurent qu’elles ne vont pas augmenter le prix des trajets, les passagers risquent tout de même de payer plus cher en achetant les dernières places disponibles, plus onéreuses.

“La demande a doublé!”, se réjouit-on chez FlixBus et BlablaCar, les deux compagnies de “cars Macron”. Pour tenter de remplacer certains trains supprimés, les entreprises ont prévu des rotations supplémentaires. Elles assurent qu’elles n’augmenteront pas les prix des trajets.

Ainsi, la société allemande FlixBus va augmenter sa capacité d’environ 10% du 5 au 8 décembre et du 12 au 15 décembre. “On fait dans la mesure de nos capacités, ce n’est pas non plus simplissime pour nous de mettre de l’offre supplémentaire sur les routes“, expose la direction.

Il faut en effet “mobiliser” les sous-traitants pour qu’ils trouvent des véhicules et des chauffeurs, obtenir de la place dans les gares routières, et gérer les contraintes administratives.

En aucun cas on ne serait capable de doubler notre capacité du jour au lendemain ou même d’une semaine sur l’autre, ça demande beaucoup de préparation.” Conséquence: les cars supplémentaires seront concentrés sur les plus gros axes, notamment la Normandie, le Grand Ouest, Lyon pour la fête des lumières et Strasbourg pour son marché de Noël.

Si les prix n’augmenteront pas, les utilisateurs des “cars Macron” risquent tout de même de payer plus cher. Mais c’est parce que les autocars seront très remplis, explique-t-on chez FlixBus et chez BlaBlaCar. “Les grilles tarifaires ne bougent pas, les sièges sont vendus au même prix, ce n’est pas plus cher“.

Mais “si, cette année, vous achetez quelques jours à l’avance pour un billet le 5 décembre, il y a de fortes chances que vous achetiez un des derniers sièges disponibles dans le car“, ajoute la direction de FlixBus. “C’est uniquement dû à ce phénomène: on vend des places par catégories de prix, et à chaque fois qu’une catégorie s’épuise, on passe à la case d’après.

De nombreux Français ont choisi de différer leurs voyages, donc la demande sera parfois moindre mais si la grève dure et que ça commence à toucher le week-end d’après et celui d’encore après, la demande va repartir, au contraire.

Quand on se rapproche de Noël, le niveau d’anxiété chez les passagers augmente beaucoup. Certains usagers parient d’ailleurs sur une grève longue, car les autocars commencent déjà à se remplir.

Quant aux encombrements de circulation à prévoir, “les gens vont être compréhensifs si les cars ont du retard“. “En période de grève, les gens seront déjà suffisamment contents de pouvoir se déplacer!

Les deux sociétés ont en revanche repoussé les appels du pied du gouvernement qui leur demandait de déployer des cars en Île-de-France, se concentrant sur les liaisons interurbaines.

Seules ces deux sociétés subsistent sur le marché, toujours déficitaire, des autocars interurbains, libéralisé à l’été 2015 par Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie. L’allemand FlixBus a racheté Isilines et Eurolines, le français BlaBlaCar a racheté Ouibus, filiale de la SNCF, pour le transformer en BlaBlaBus.

Lorsque le “service public” cesse de rendre service, tout le monde se tourne vers le privé, plus efficace et plus flexible.

Source: AFP

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici