La réforme macronienne des retraites: les profs vont perdre jusqu’à 900 euros par mois

Image d'illustration/Pixabay
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Macron lui-même le reconnaît: les enseignants vont faire partie des perdants de la réforme des retraites si elle ne s’accompagne pas de revalorisations salariales. Faute de garanties suffisantes, la profession s’apprête à se mobiliser massivement le 5 décembre.

Quasiment tous les syndicats ont appelé à participer au mouvement de grève interprofessionnel qui s’annonce très suivi dans les écoles du pays et dans le monde enseignant, inquiet du futur système universel de retraite.

En effet, la future réforme prendra en compte dans le calcul des pensions l’ensemble de la carrière, contre les six derniers mois actuellement. En compensation, les retraites intègreraient les primes et indemnités.

Or le niveau moyen des primes de la fonction publique, c’est 22%, le niveau moyen des primes des enseignants, c’est 9%. Celui de l’école maternelle, c’est 4%. Les enseignants sont donc pénalisés sans correction du système.

Le niveau de pension des enseignants se dégraderait très progressivement et au fil des générations par rapport à celui des corps comparables de la fonction publique“, a aussi admis Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, dans un courrier adressé aux syndicats.

La FSU a fait ses calculs: “Pour un collègue qui démarrerait en 2025, la baisse de pension équivaudrait à 900 euros par mois” par rapport aux montants actuels.

Les pertes seraient comprises entre 300 et 600 euros pour des professeurs des écoles actuellement en fonction, selon ses simulations.

Actuellement, un enseignant touche en moyenne 2600 euros brut à la retraite: 2500 euros dans le premier degré, 2850 euros dans le second degré.

Les enseignants se sentaient déjà déconsidérés, là on ressent carrément du mépris. Alors qu’ils sont préoccupés par une dégradation de leurs conditions de travail, s’ajoute cette réforme qui apporte de l’inquiétude et qui est illisible: nul ne sait combien il touchera de retraite in fine.

Pour tenter de rassurer les personnels, M. Blanquer a souligné dans son courrier que la mise en place du nouveau système s’accompagnerait “d’une revalorisation salariale permettant de garantir le même niveau de retraite pour les enseignants que pour des corps équivalents de la fonction publique“.

Cela n’a pas permis de dissiper les inquiétudes d’une profession qui se sent régulièrement malmenée et déconsidérée.

En octobre, les propos d’Emmanuel Macron avaient aussi jeté le trouble dans les rangs des professeurs quand il avait dit envisager des compensations salariales mais avait aussi évoqué une réflexion sur le temps de travail et les périodes de vacances.

Or, l’Éducation nationale est un véritable État dans l’État. Le ministère de l’Éducation nationale représente avec ses 837 000 enseignants, près d’un fonctionnaire sur deux, une masse salariale de 49,9 milliards d’euros, soit 17 % du budget général de l’État et 2,5 % du produit intérieur brut.

Ce “mammouth”, comme l’a baptisé l’un des ministres de l’Éducation, Claude Allègre, a toujours su garder ses privilèges et résister aux reformes successives. Il faut peut-être un inconscient fonceur dans le mur comme Macron pour casser la colonne vertébrale de la corporation.

Pas de quoi rendre attractive une profession déjà en mal de recrutement.

Source: AFP

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