Le procès de Reda Kriket, le braqueur djihadiste qui préparait un “13 novembre bis” avant l’Euro-2016

Reda Kriket/DR
Reda Kriket/DR

Les juges d’instruction chargés de l’enquête sur le projet d’attentat déjoué quelques semaines avant l’Euro-2016 de football en France ont renvoyé devant une cour d’assises spéciale Reda Kriket et six autres suspects.

Les magistrats ont ordonné un procès pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle” pour ces sept protagonistes, et pour l”usage de documents administratifs falsifiés” pour le seul Reda Kriket, un délinquant multirécidiviste de 37 ans.

En mars 2016, les enquêteurs avaient découvert un arsenal de guerre “d’une ampleur inédite” dans un appartement d’Argenteuil, en banlieue de Paris, loué par Reda Kriket, cet ancien braqueur devenu djihadiste.

Des fusils d’assaut, des armes de poing et du TATP, un explosif artisanal prisé par l’État islamique, avaient été saisis.

Quelques jours seulement après les attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, et quelques mois après ceux du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, cette découverte avait “permis d’éviter la commission d’une action d’une extrême violence par un réseau terroriste prêt à passer à l’acte“, selon le procureur de Paris de l’époque.

Alors Premier ministre, Manuel Valls avait déclaré en juillet 2016 que cette cellule avait “sûrement l’Euro de football en ligne de mire“. Cette compétition s’est déroulée en France du 10 juin au 10 juillet 2016.

Au cours de ses interrogatoires devant les juges, Reda Kriket, aujourd’hui âgé de 37 ans, a toujours nié avoir eu pour projet de commettre un attentat. Il a en revanche admis avoir possédé ces armes, expliquant vouloir braquer des dealers “car ils ne portent pas plainte”.

Durant un temps, il avait également évoqué un individu, qu’il appelait par son “kounia” (nom de guerre), Abou Badr, comme étant celui ayant déposé les armes dans l’appartement avant de partir en Syrie. Il a finalement reconnu avoir inventé l’existence de ce personnage.

Reda Kriket, qui est aussi soupçonné de s’être rendu en Turquie pour rejoindre les rangs de l’organisation État islamique, avait été condamné en son absence en 2015 à Bruxelles avec Abdelhamid Abaaoud, un des organisateurs des attaques du 13 novembre, dans un procès de filière djihadiste vers la Syrie.

Un des suspects de la procédure française, Anis Bahri, avait lui été interpellé à Rotterdam à la demande des autorités françaises, quelques jours après l’arrestation de Reda Kriket. Quarante-cinq kilos de munitions avaient été retrouvés dans l’appartement où il séjournait aux Pays-Bas.

Source: AFP

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