Une marche de soutien à Manuel, Gilet jaune qui a perdu son oeil, blessé par une grenade tirée par la police

Manuel T., le gilet jaune pacifique recevant un tir de grenade lacrymogène en plein dans l’œil gauche/Youtube
Manuel T., le gilet jaune pacifique recevant un tir de grenade lacrymogène en plein dans l’œil gauche/Youtube

Samedi après-midi, plusieurs centaines de personnes ont participé  dans le calme à Valenciennes à une marche en soutien à Manuel, Gilet jaune qui a perdu l’usage d’un œil après avoir été blessé par une grenade tirée par la police à Paris le 16 novembre.

On est tous unis. On a le droit de manifester. Toutes ces mutilations, c’est pas normal, on est en France, on a le droit de manifester“, a déclaré à la presse Manuel, arrivé en voiture, sous les applaudissements, sur le parking d’une zone industrielle d’où est parti le cortège.

C’est des gens qui soutiennent. J’ai eu tellement de soutien de toute la France, j’étais obligé de venir. Je suis très ému, limite je vais pleurer d’un œil“, a-t-il encore dit, parlant des manifestants comme d’une famille.

“Justice”, “justice”, scandaient aussi les manifestants, qui ont chanté la Marseillaise.

Parmi eux se trouvait également Jérôme Rodrigues, Gilet jaune blessé gravement à l’œil le 26 janvier, dont la plainte a abouti à l’ouverture d’une information judiciaire pour “violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique avec arme“.

On est ici pour soutenir Manu“, a-t-il déclaré, demandant de nouveau “un organe indépendant pour enquêter sur les policiers“, déplorant que les policiers ne portent “aucun RIO, aucun brassard“.

Manuel C., 41 ans, originaire de Valenciennes, est sorti jeudi de l’hôpital lillois où il a été opéré.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on le voit place d’Italie pendant la manifestation des Gilets jaunes du 16 novembre. Il discute à l’écart du chaos avec d’autres manifestants. Soudainement, un projectile vient le heurter violemment à l’œil gauche.

Lundi, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, avait annoncé qu’il allait saisir l’IGPN.

De son côté, le parquet de Paris a ouvert une enquête judiciaire pour “violence par personne dépositaire de l’autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours” et confié les investigations à l’IGPN.

L’avocat de Manuel C., Arié Alimi, a lui annoncé le dépôt d’une plainte auprès du doyen des juges d’instruction pour réclamer une requalification criminelle des investigations. Cette plainte doit être également déposée pour “violation de liberté individuelle”. Elle vise nommément le préfet Lallement, l’accusant de complicité pour avoir autorisé l’usage de lanceurs de grenade 56 mm.

Source: AFP

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