Macron chez Whirlpool: “Je n’ai pas menti”. Ruffin: “Il nous prend pour des cons une deuxième fois”

Macron chez Whirlpool/Capure d'écran YouTube
Macron chez Whirlpool/Capure d'écran YouTube

Emmanuel Macron “nous prend pour des cons une deuxième fois” en exprimant sa déception quant à l’ancien site de Whirlpool, a dénoncé vendredi le député LFI de la Somme François Ruffin, peu avant une rencontre du président avec les ex-salariés de l’usine.

En 2017, cinq mois après son élection, le président Macron visitait l’usine avec un repreneur, largement aidé par l’État, qui devait sauver une partie des emplois. Deux ans plus tard, c’est la liquidation de WN, la société choisie pour reprendre le site.

Venir il y a deux ans dire à tous les salariés qu’ils seront repris alors que derrière il n’y a rien, c’est nous prendre pour des cons. Et venir dire qu’aujourd’hui Emmanuel Macron, comme s’il était un citoyen lambda, est déçu, c’est nous prendre pour des cons une deuxième fois“, a déclaré Jean-François Ruffin en arrivant sur le parking de l’usine vendredi matin.

Je suis venu en campagne à un moment où ils avaient peur pour leur avenir. Je leur ai tenu un langage de vérité. Et comme eux j’y croyais. Comme eux j’ai été déçu“, avait déclaré mercredi le chef de l’État au Courrier Picard.

Il faut qu’il trouve les mots pour expliquer aux salariés comment cela se fait qu’il est venu leur taper sur l’épaule et qu’il n’y a eu aucun suivi derrière, et qu’on les a laissés foncer droit dans le mur“, a déclaré Jean-François Ruffin.

Il y a beaucoup de choses qui nécessitent des explications et j’espère qu’elles ne se dérouleront pas derrière des portes closes“, a-t-il ajouté. “J’espère que tout le monde sera également convié à une jolie promenade à l’intérieur d’entrepôts qui sont vides! C’est un désert à l’intérieur!“, a lancé François Ruffin.

Les 190 salariés faisaient des tours Eiffel avec spaghettis pour s’occuper. Les syndicats ont alerté, j’ai alerté, et nous n’avons eu aucune réponse de l’Élysée, du ministère du Travail“, a-t-il encore regretté.

En visite à Amiens dans l’entre-deux-tours de la présidentielle 2017, Emmanuel Macron avait été devancé de quelques heures par un déplacement surprise de sa rivale Marine Le Pen, venue au contact des salariés en colère. Emmanuel Macron lui avait répondu en échangeant à son tour avec des employés sur le parking de l’usine, dans une ambiance de fumée de pneus et de sifflets stridents.

Emmanuel Macron était revenu en octobre 2017 pour une visite avec un repreneur, largement aidé par l’État. Mais cette entreprise (WN), de l’industriel picard Nicolas Decayeux, a été liquidée en août 2019, faute de débouchés commerciaux. Elle employait alors 182 personnes.

Cette issue est dénoncée par les adversaires de la politique de Macron, de droite comme de gauche.

Emmanuel Macron paye sa volonté de jouer au commissaires politiques en engageant l’autorité de l’Etat dans la gestion des entreprises. Cependant les calculs politiques plient toujours devant la raison économique et l’économie rattrape toujours

Vouloir jouer les sauveurs en faisant abstraction de la réalité, ça paie peut-être de point de vue électoral et à court terme, mais à la longue tout le monde est perdant: les employés perdent leur travail, l’Etat perd sa crédibilité, la France perd ses illusions.

Source: AFP

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