Indemnités des maires: les macronistes veulent-ils acheter la bienveillance de la France rurale?

Toute petite mairie/Wikimedia Commons
Toute petite mairie/Wikimedia Commons

L’Assemblée a achevé jeudi soir l’examen du texte consacré à la vie des maires, après avoir permis une revalorisation des indemnités de ceux des petites communes, le gouvernement mettant en avant la nécessité de “rémunérer convenablement les élus locaux de la République“.

Le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, a mis en avant la nécessité de “rémunérer convenablement les élus locaux de la République singulièrement dans les communes les plus petites” tout en préservant des principes importants, par exemple d’autonomie.

La proposition initiale du gouvernement dans le projet de loi “Engagement et proximité” visait à gommer les “effets de seuil” de la grille appliquée aujourd’hui, en prévoyant la possibilité de porter jusqu’à environ 1670 euros l’indemnité mensuelle des maires des petites communes jusqu’à 3500 habitants.

Les sénateurs avaient eux adopté en première lecture un dispositif de revalorisation gradué: +50% pour les maires et adjoints des communes de moins de 500 habitants, +30% dans les communes de 500 à 999 habitants, et aussi +20% dans les communes de 1000 à 3499 habitants.

Par amendement, le gouvernement a finalement prévu un dispositif spécifique pour les communes de moins de 3500 habitants: le maire touchera une indemnité par défaut (environ 1670 euros pour les communes de 1000 à 3500 habitants), qui pourra être rehaussée par un vote dans la limite d’une indemnité maximale (environ 2000 euros).

Au-delà, dans les communes qui comptent plus de 3500 habitants, un barème fixe l’indemnité maximale.

Selon le ministre, certains élus ne voulaient pas “une augmentation automatique des indemnités”.

Cette augmentation reste virtuelle pour les communes rurales et pauvres qui n’ont pas les moyens de l’appliquer.

Les députés avaient plus tôt donné leur aval à un article du texte qui étend la protection contre les formes de discrimination, prévue par le code du travail, aux élus locaux en matière d’embauche, de formation, de licenciement ou encore de rémunération.

Le projet de loi, qui prévoit notamment d’autres mesures pour faciliter le quotidien des élus (frais de garde des enfants, droit à la formation…), fera l’objet d’un vote solennel mardi.

Abstraction faite du rabaissement réel de la fonction du maire, surtout dans de petites communes, il est difficile à ne pas voir dans cette disposition une manœuvre macroniste pour apaiser la France rurale et périphérique avant les élections municipales qui approchent.

Source: AFP

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