La DGSI recrute ses espions sur les réseaux sociaux

Image d'illustration/Shutterstock
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La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a lancé une vaste campagne de communication sur ses besoins en recrutement.

Ce sont pas moins de 1200 personnes que devra recruter l’agence de renseignement française durant les cinq prochaines années. Et, contre toute tradition, elle le fait savoir via les médias en lançant une grande campagne de communication.

Compte LinkedIn, vidéo de promotion, brochure de présentation, partenariat avec des pôles universitaires ou des écoles supérieures et même “job dating” pour futures assistantes de direction: rien que du très classique pour un employeur qui cherche à étoffer son vivier de recrutement.

C’est toutefois moins fréquent lorsque c’est un service de renseignement qui prend de telles initiatives, à rebours de la traditionnelle culture du secret. Elle emboîte ainsi le pas à sa cousine de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Comme d’autres services de renseignement, la DGSI connaît, depuis le début de la vague d’attentats qui a frappé la France en 2015, une hausse importante de ses effectifs, alimentée par des plans de recrutements décidés par les gouvernements successifs.

Au moment de sa création en 2014, l’héritière de la Direction de la surveillance du territoire (DST) et des Renseignements généraux (RG) comptait 3200 personnes. Elle en dénombre aujourd’hui 4300 et ses effectifs doivent grimper à 5500 d’ici à cinq ans. Un “défi énorme” en termes de ressources humaines, commente-t-on en interne.

Pour répondre tant aux créations de postes qu’aux flux naturels des départs, notamment en retraite, la DGSI doit recruter 500 à 600 personnes par an.

Nous n’avons pas de difficultés à attirer les candidats. Le constat que nous faisons est qu’un certain nombre de nos métiers, de nos attentes sont aujourd’hui mal perçus par les candidats potentiels“, explique le patron de la Sécurité intérieure, Nicolas Lerner.

Néanmoins l’évolution des menaces – terrorisme, cyber-attaque, contre-espionnage, protection des intérêts économiques de la France – “justifie que nous diversifiions totalement les profils que nous recrutons“, précise-t-il.

Analystes susceptibles d’interpréter les renseignements, ingénieurs et techniciens en informatique de tout niveau, spécialistes de la cryptologie, du big data, linguistes, spécialistes des relations internationales mais aussi juristes et spécialistes des RH: “Il y a de la place pour tout le monde, pour tous les profils“.

Cependant, la DGSI doit faire face à la concurrence des autres services mais aussi à celle des entreprises privées. “Il est légitime que les services de l’État utilise les mêmes armes, les mêmes outils que l’ensemble du secteur économique français“, fait observer le patron de la Sécurité intérieure. Y compris en terme de rémunérations. En interne, on assure pouvoir rivaliser dans ce domaine pour attirer et fidéliser certains profils recherchés.

Autre défi: la sécurité. La tuerie de la préfecture de police perpétrée début octobre par un agent de son service de renseignement a eu l’effet d’un douloureux rappel. Les services courent en outre le risque d’être infiltrés par des agents de puissances étrangères.

Source: AFP

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