Un chef djihadiste tchétchène naturalisé français condamné à 10 ans

Khassanbek Tourchaev/DR
Khassanbek Tourchaev/DR

Un Tchétchène naturalisé français en 2008, qui était notamment accusé d’avoir été “émir” d’un groupe djihadiste en Syrie en 2013 et 2014, a été condamné samedi à Paris à dix ans de prison par la cour d’assises spéciale.

Cette peine, qui est alignée sur les réquisitions du parquet, est accompagnée d’une période de sûreté des deux tiers. L’accusé Khassanbek Tourchaev encourait 30 ans de réclusion.

Vendredi soir, l’avocat général avait admis la difficulté d’établir les faits. “Quand et combien de temps est-il allé en Syrie? Je suis dans l’incapacité de faire une démonstration certaine“, a déclaré le magistrat.

Khassanbek Tourchaev a reconnu s’être rendu en Syrie et y avoir séjourné environ trois mois en 2013 et 2014. Mais il a affirmé y être allé dans le but de chercher ses frères, “pas pour faire la guerre”. “Je n’ai pas combattu, je me suis défendu“, a-t-il affirmé.

Il était cependant accusé d’avoir participé à des combats et assuré une formation en explosifs à d’autre combattants. Il était aussi soupçonné d’avoir joué le rôle d'”émir” dans un groupe djihadiste, au sein de l’Emirat du Caucase affilié à Ahrar al-Cham, qui faisait lui-même partie du Front islamique.

Il a affirmé n’avoir été “émir” qu’une quinzaine de jours. “Quand j’étais au front, un émir est mort pendant le combat, donc il fallait un supérieur. Les jeunes m’aimaient bien, ils m’ont demandé de prendre la succession“, a affirmé l’accusé, qui a été arrêté en 2015 en Moldavie.

Khassanbek Tourchaev devait d’abord être jugé en correctionnelle, où il encourait dix ans de prison. Mais après que le parquet général a estimé que les faits étaient de nature criminelle, le dossier a été renvoyé aux assises.

Fils d’un ministre tchétchène dans les années 90, Khassanbek Tourchaev, aujourd’hui âgé de 49 ans, est arrivé en France en 2002 où il a obtenu l’asile politique. Il a été naturalisé en 2008.

Dès 2005, il avait été repéré par les services de renseignement en raison de son extrémisme religieux. Il se décrit lui-même comme salafiste. “Je suis sur la voie d’Allah”, a-t-il déclaré.

Dans ses derniers mots à la cour, il n’a exprimé aucun regret. “La Syrie est un sujet clos pour moi“, a juste déclaré ce polygame, père de plusieurs enfants qui vivent en Alsace, très prisée par la communauté tchétchène.

Source: AFP

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