D’une inélégance crasse: “L’Incorrect” lâche Julie Graziani

Photo/Linternaute/DR
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Parce qu’elle a dit ce qu’elle pensait sur le plateau de LCI, et que sa tirade a fait scandale, le magazine L’Incorrect devient tout à coup extrêmement politiquement correct. Quitte à se lancer dans la pire pratique de la gauche: le lynchage médiatique. 

On pense ce que l’on veut des interrogations à voix haute de Julie Graziani, sur le plateau de David Pujadas, au sujet d’une smicarde ayant interpellé Emmanuel Macron. On peut y voir une gaffe idiote. On peut aussi y voir une vérité mal tournée. Mais on ne peut pas, on ne doit en aucun cas y voir une faute grave.

Et voilà que L’Incorrect, sur son site, par la plume de son directeur de la rédaction, la lâche, la cloue au pilori et la désigne à la vindicte populaire.

“Lundi 4 novembre, comme chacun sait, elle a eu des paroles plus que malheureuses, répugnantes, à l’endroit d’une mère de famille pauvre.” 

“Répugnantes”? Et pourquoi pas “nauséabondes”? Êtes-vous si fragiles, si précieux, Messieurs, pour qu’une phrase sans grande importance vous fasse vous évanouir? Vous avez, alors, la nausée bien trop facile pour le vrai combat politique, celui où il y a des coups à prendre.

Et L’Incorrect aggrave son cas. “Julie Graziani n’a pas pris conscience le moins du monde du caractère scandaleux de ses mots, et au contraire s’enferre dans un dédain plus que macronien pour ‘ceux qui ne sont rien’.”

On plonge dans l’abject. “Un dédain plus que macronien”! Notez le “plus que”! Voilà soudain Julie Graziani plus arrogante, plus menteuse, plus égoïste que Manu le Mégalo! Et sur le dos des pauvres, bien entendu!

L’Incorrect utilise ici l’arme la plus perverse de la censure de gauche: quiconque dit la vérité est un ennemi des malheureux! Et pourquoi pas “Julie Graziani est au service de la bourgeoisie exploiteuse impérialiste occidentale”? Ce serait encore plus clair.

Cette attaque en mode “lutte des classes” est d’autant plus pitoyable que Julie Graziani est née et a grandi dans une famille extrêmement modeste, que l’on pourrait même qualifier de pauvre.

Comme nous l’expliquions hier, cette affaire recouvre une vérité économique fondamentale, qu’aucun français sensé ne peut nier. Julie Graziani l’a maladroitement formulée? Et alors? Quand on voit les montagnes de contre-vérités pondues chaque jour par le gouvernement, on devrait cracher, en prenant toute la France à témoin, sur une jeune chroniqueuse de droite, et sous le seul prétexte qu’elle n’a pas été parfaite pendant quelques secondes d’antenne?

Le jour même où Booba met un contrat sur la tête de Zineb El Rhazoui, un média supposé de droite, prétendument insolent, réputé téméraire, du moins dans les cercles de chevaliers de bazar, gifle en public, injustement, avec une inélégance crasse, une femme qui ne mérite même pas qu’on la gronde en privé. La misogynie à la française n’est pas l’affaire des seules racailles: les snobs ne connaissent parfois rien à la galanterie.

Et quand bien même la rédaction du magazine estimait que le faux pas de Graziani valait une mise à pied, pourquoi avoir réglé ce compte en public, en y mêlant l’insulte, et transformé le licenciement en dénonciation? Si toutes les entreprises se comportaient de même, qu’entendrait-on!

Messieurs, vous qui êtes si peu fidèles au titre de votre magazine, paniquant au moindre coup de vent contraire, abandonnant vos idéaux pour ne pas vous faire d’ennemis haut placés, vous nous rappelez cette blague américaine si drôle, et parfois si vraie, hélas: “Les Français sont le peuple qui brandit un drapeau blanc quand il entend un feu d’artifice”.

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