Affaire Adèle Haenel. Quand le cinéma français tombe le masque

Photo/Wikipedia
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Il ne nous appartient pas de dire ce qui relève de la justice dans l’affaire Adèle Haenel, et ce qui relève de la mode #MeToo. L’actrice accuse Christophe Ruggia, réalisateur et ex-coprésident de la Société des Réalisateurs de Films, de l’avoir agressée sexuellement. Si enquête il y a, on saura un jour la vérité. Mais l’essentiel est ailleurs.

Trois informations, pour commencer.

1. Le cinéma français est le plus subventionné du monde occidental, et tous ses travailleurs, de la superstar au stagiaire machiniste, ont un statut de demi-fonctionnaires. Nous sommes peut-être une démocratie, mais notre cinéma est organisé comme dans un pays totalitaire.

2. Neuf films français sur dix sont des échecs retentissants. Ce qui ne pose de problème ni aux réalisateurs, ni aux producteurs, ni aux vedettes, puisque les pots cassés sont payés par le contribuable.

3. Pour obtenir des financements, il faut écrire un scénario de gauche. On dirait une blague, mais c’est la vérité: essayez donc de proposer un pitch de droite, sans multiracialisme, sans héros fonctionnaires de banlieue, sans handicapés, sans homosexuels, sans anticapitalisme, et votre beau projet ne verra jamais le jour. Toutes les portes se fermeront.

Le décor est planté, comparons maintenant l’affaire Adèle Haenel et l’affaire Weinstein.

Les accusations (attouchements assimilables à un viol) sont les mêmes, les protagonistes sont les mêmes (un puissant du cinéma face à une jeune fille), le scandale est le même (Adèle Haenel buzze à fond les ballons depuis ce matin), les réactions des médias et des féministes sont les mêmes. Où est la différence alors?

La différence est que le cinéma américain vend du spectacle, du pur loisir, de la distraction, tandis que le cinéma français vend de l’art, de la morale, de l’égalité, de la fraternité, du vivre-ensemble, de la tolérance. Et ça change tout.

D’un côté, aux États-Unis, un cinéma axé sur l’entertainment. Quand il dérape sexuellement, c’est un terrible fait divers, certes, mais cela reste un fait divers. De l’autre, chez nous, un cinéma d’État, de gauche, qui prétend défendre les faibles en général et les femmes en particulier. Le crime sexuel est le même, mais l’hypocrisie est infiniment plus grande côté français.

Quand un milliardaire viole, c’est très mal, mais il ne prétend pas nous faire la morale. Quand un moraliste viole, c’est bien pire, car il ajoute le mensonge idéologique, l’arrogance politique et la puissance bureaucratique à son forfait. Son érection est sponsorisée par le Ministère de la Culture.

Bref, l’affaire Haenel devrait permettre aux Français de demander des comptes au cinéma français. Au nom de quoi sommes-nous condamnés à financer une myriade de films, presque tous nuls, quand le milieu qui les conçoit et les produit se permet tous les vices d’Hollywood? Weinstein, lui, au moins, payait ses fantasmes de sa poche.

Le contribuable doit-il financer la coke et les partouzes, sous le seul prétexte qu’elles sont de gauche?

Source: Huffington Post

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