DICTIONNAIRE MACRON-FRANÇAIS / P comme “Populisme”

Capture d'écran/Youtube
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Semaine après semaine, depuis plus de deux ans, la ligne politique de Macron a disparu. Le fameux “projet” est oublié. Le “en même temps” a laissé la place au zigzag improvisé. La montagne de la pensée complexe a accouché d’une souris morte. Que reste-t-il? L’antipopulisme comme dernier canot de sauvetage.

À Quimper, le 21 juin 2018, Macron a livré le discours le plus scandalisé, le plus indigné de son quinquennat. Il est outré, estomaqué, il bout! Pourquoi? Parce que la bête immonde des heures les plus sombres revient partout en Europe avec ses amalgames et ses stigmatisations. Du moins, c’est ce qu’il prétend. Macron n’a qu’un slogan à la bouche, Mussolini est de retour!, la bureaucratie européenne est en danger!, et avec elle, la paix du monde! Mensonge d’énarque qui panique.

En réalité, l’Europe des nations vire à droite, une droite tout à fait civilisée, démocrate, légaliste, et elle ne fait plus semblant. Le temps des compromissions est terminé. Des hommes et des femmes surgissent dans tous les pays, sur tous les plateaux des talk-shows, bastonnent le politiquement correct, lacèrent la propagande, et imposent au débat des vérités si crues, si nues, qu’on les croyait encore impossibles il y a dix ans. La pudibonderie idéologique se meurt sous les coups de la réalité. Et cela se voit dans les urnes.

Pour Macron, c’est l’occasion de se donner un rôle, le seul encore valide, le dernier: être le chef d’État le plus anti-populiste de la galaxie. Si le populisme est le Joker, Macron est son Batman. Au volant de sa LREMobile, il va de pays en pays pour vaincre les Donald Trump de Pologne, d’Italie, d’Angleterre, de Hongrie, d’Autriche, de France et d’autres contrées encore, tous ces monstres qui veulent remplacer Bruxelles par la guerre nucléaire mondiale et l’extermination de masse.

Macron est anti-populiste, c’est-à-dire héroïque, épique, culte. Pendant son discours de Quimper, il se dépeint comme le seul lucide, le seul courageux. Écoutez comme il se met en scène. “Ils disent le pire et nous nous y habituons. Ils font les pires provocations, et personne, et personne ne se scandalise de cela!” Sous-entendu: “Moi, Macron, je ne m’y habitue pas. Moi, Macron, je suis le seul à m’en scandaliser. Je suis la conscience du continent et l’âme du monde. Sans moi, vous seriez tous des ouistitis.”

“Je le dis avec beaucoup de force et d’émotion.” “Je vous le dis avec beaucoup de gravité.” Force, émotion, gravité: Macron joue au cow-boy dans les jardins de la République, et ses fantasmes de retour du nazsime sont les Indiens. Macron donne des coups d’épée aux ombres et vide son chargeur sur les courants d’air. Le Président est un ghostbuster. Un gamin.

Pendant ce temps, la droite avance. Macron va bientôt se retrouver seul dans son grand lit idéologique avec son doudou chéri, son ogre de service, son cauchemar préféré: le populisme.

Source: Youtube

 

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