DICTIONNAIRE MACRON-FRANÇAIS / O comme “ONU”

Photo/Libération/DR
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L’ONU est une étrange organisation. Si l’on écoute ses beaux discours, on a le sentiment que, sans elle, le monde vivrait une guerre mondiale perpétuelle, pleine de massacres et de famines. Mais si l’on y regarde d’un peu plus près, on se rend compte qu’elle détruit à peu près tout ce qu’elle touche. Ça ne vous rappelle pas quelqu’un?

La grande spécialité de l’ONU est de faire la morale à la terre entière, et bien plus souvent aux démocraties qu’aux tyrannies. Usine à gaz tentaculaire, dotée de ses propres forces armées, financée par des milliards de contribuables à travers le monde, forte d’un Conseil de Sécurité hétéroclite mais extrêmement puissant diplomatiquement, l’ONU est une bureaucratie au-dessus des bureaucraties. Et elle en profite pour distribuer les bons et les mauvais points aux patries des cinq continents.

Quand Macron prend la parole à la célèbre tribune, devant l’assemblée des pays, il est chez lui. L’ONU est son home sweet home. Ici, on peut énoncer avec force des conviction et des principes qui ne seront jamais suivis d’effets. Ici, on peut montrer du doigt certains peuples, les traiter de réactionnaires, de racistes, de fascistes, et se faire applaudir par des dizaines de dictatures. Ici, on peut jouer au héros sans prendre aucun risque. Ici, on est entre technocrates de très haut vol, entre gens dont tous les frais sont payés et qui ne paieront jamais d’impôts. Ici, tout est abstrait, les humains sont des statistiques et la colère des nations compte pour du beurre: on fait comme on veut. C’est showtime.

Macron est fait pour l’ONU. Son envie de dégager à coups de pieds aux fesses l’identité française pour la remplacer par un internationalisme hi-tech, sa tendance effrénée à donner des ordres aux gens qui ne sont pas ses subordonnés, son désir d’être vu comme le cerveau le plus doué de la galaxie, tous ses défauts et ses vices trouvent dans cette Tour de Babel leur justification. Macron est l’incarnation parfaite de l’idéal onusien. Il apporte la pensée complexe à toutes les tribus. Il redresse moralement toutes les races. Il rééduque toutes les cultures.

Pour nous, Français, l’avantage de l’ONU, c’est que Macron y est impuissant. Personne, dans l’hémicycle, ne s’intéresse à ce qu’il raconte. Et l’ONU sert à ça, entre autres: à donner la parole aux puissants les plus incompétents comme s’ils étaient géniaux, et à les conforter dans l’idée qu’ils sont César, Alexandre, Gengis Khan, pour toujours gravés dans les livres d’histoire. Pendant qu’il empile les phrases creuses à New York, le Président nous laisse tranquilles. C’est délicieux comme une récréation.

En réalité, pour que la France sorte de la crise où elle s’asphyxie lentement, il faudrait vendre Macron à l’ONU le plus vite possible. “Prenez-le! Nous, on n’en veut plus. Il va vous faire des speeches formidables sur l’égalité hommes-femmes-trans, sur l’intelligence artificielle de l’avenir du futur de demain, sur la nécessité de lutter de toutes vos forces contre le fantôme d’Adolf Hitler, etc. Vous allez l’adorer. Nous, on le déteste. Mais il faut nous comprendre. Nous sommes un peuple, pas un club de rencontres pour politiciens de parade.”

Combien peut-on tirer de la vente de Macron à l’ONU? Juste de quoi payer un vol aller sans retour à Mélenchon, direction la Corée du Nord. C’est peu, mais c’est déjà ça. Quant à Brigitte, elle fait comme elle veut. Si elle souhaite reprendre le cours de sa carrière, on lui trouvera bien volontiers une classe bondée dans le 93. Mais, attention, Chère Madame: là-bas, les formules onusiennes ne sont pas admirées, ni respectées. Il vous faudra parler la langue de tout en bas: la pensée pas du tout complexe. Celle que votre époux n’a jamais réussi à apprendre.

 

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