La question de l’identité québécoise fera-t-elle chuter Trudeau?

Image d'illustration/Wikimedia Commons
Image d'illustration/Wikimedia Commons

Nombreux sont les Québécois qui ont comme critère de vote, pour les législatives fédérales canadiennes, la défense de l’identité québécoise. Dans plusieurs villes de la Belle Province, les indépendantistes du Bloc québécois ont le vent en poupe.

Cette montée risque de faire perdre au Premier ministre canadien sortant, Justin Trudeau, les sièges sur lesquels il compte pour conserver sa majorité au Parlement fédéral.

Face à la menace, Justin Trudeau, déjà engagé dans un coude-à-coude au niveau national avec son rival conservateur Andrew Scheer, est venu jeudi dans cette ville francophone de la banlieue de Montréal pour prêter main forte à son député, Ramez Ayoub, dont le siège est en péril.

Pour de nombreux électeurs, le Bloc québécois est le seul parti qui défende vraiment l’identité québécoise.

Après avoir monopolisé à partir de 1993 la représentation du Québec à Ottawa, le Bloc, parti de centre-gauche, avait été laminé aux élections de 2011, passant de 49 à 4 députés, avant de remonter à 10 en 2015, deux de moins que nécessaire pour retrouver son statut de groupe officiel à Ottawa.

Dans le panorama politique complexe du Québec, où la population a voté deux fois contre la séparation de la province du reste du Canada, en 1980 et 1995 — la dernière fois de justesse — le retour du Bloc québécois n’est cependant pas une surprise.

Pour de nombreux électeurs, le Bloc québécois est le seul parti qui défende vraiment l’identité québécoise.

Le parti indépendantiste surfe dans cette campagne sur les revendications du gouvernement autonomiste du Premier ministre québécois François Legault, estiment des experts, faisant siennes les propositions en matière d’immigration et d’impôts.

Et il capitalise sur la nouvelle loi sur la laïcité de l’État québécois, adoptée en juin, qui interdit aux fonctionnaires en position d’autorité ainsi qu’aux enseignants du réseau public le port de signes religieux dans leurs fonctions.

Décriée dans le reste du Canada par l’opinion publique progressiste, sympathisante de Trudeau, comme “anticonstitutionnelle” et “raciste”, cette loi est au contraire très populaire au Québec, surtout chez les francophones, qui comptent pour 80% de la population.

Le Bloc a fait de la défense de cette législation l’un de ses principaux chevaux de bataille dans la campagne, pendant que ses rivaux louvoyaient ou n’écartaient pas de la contester devant la Cour suprême, comme Justin Trudeau.

Pour tenter de maintenir sa présence dans la province, Justin Trudeau répète, comme il l’a encore fait samedi, qu’il est “un fier Québécois” et que le Bloc n’avait “pas le monopole de la fierté québécoise”.

Source: AFP

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici