La ligne de front de la guerre turco-kurde traverse l’Allemagne

Image d'illustration/Twitter
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Saccage de commerces, agression au couteau, insultes… Les esprits s’échauffent entre les deux communautés depuis peu en Allemagne, où vivent les plus grandes diasporas turque et kurde d’Europe. Le conflit en cours dans le nord de la Syrie s’étend sur les bords du Rhein.

Samedi, environ 14 000 manifestants pro-Kurdes sont attendus dans l’après-midi à Cologne, dans le cadre d’une journée de mobilisation dans plusieurs villes européennes. La police dit redouter des violences.

Le service d’ordre de la communauté kurde pour la journée de mobilisation est quasi para-militaire. De l’autre côté, les Turcs ne passent pas pour être des agneaux pacifiques et ils cherchent volontiers la provocation voire le contact physique.

Lundi soir à Herne, dans l’ouest du pays, au passage d’un cortège de manifestants kurdes, des Turcs ont fait le “salut du loup”, un geste de ralliement de l’extrême droite nationaliste turque, considéré comme l’ultime provocation par leurs opposants.

Une bagarre éclate. Cinq personnes sont légèrement blessées. Ce geste, qui mime une tête de loup, est légal en Allemagne, mais banni en Autriche depuis 2018.

Le même jour à Berlin, où le centre culturel kurde de Neukölln sert de quartier général, c’est un jeune arborant une veste à l’effigie du drapeau turc qui a été agressé au couteau par une bande de 15 personnes.

La situation en Turquie, de la tentative de putsch anti-Erdogan aux offensives anti-kurdes, finit toujours par atteindre l’Allemagne, où vivent au minimum trois millions de Turcs ou Kurdes.

Nous sommes assis sur un baril de poudre” en Allemagne, estime le politologue turc Burak Copur sur la chaîne ZDF. “Les émotions ici ne peuvent être vues indépendamment de la situation en Turquie, qui se reflète en Allemagne“, ajoute-t-il.

Une partie non négligeable des Turcs d’Allemagne assume sa sympathie envers le régime d’Ankara.

Les tensions ont gagné les terrains de football. Cinq joueurs d’équipes régionales allemandes ont imité les internationaux turcs et effectué un salut militaire après avoir marqué un but. Un geste passible de sanctions.

Mais pour les Kurdes allemands, c’est en premier lieu le réseau de mosquées DITIB, une puissante association religieuse turque financée par Ankara, qui attise la haine anti-kurde, en marge des prières.

Source: AFP

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