Révolution de droite à Hong Kong: tout comprendre pour profiter du spectacle

Source: Internet
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La révolution en cours à Hong Kong est une révolution de droite. Et une révolution de droite, c’est tellement rare qu’on a besoin d’explications. FL24 vous résume tout, clair et net. Prenez le temps de lire, c’est un vrai thriller.

  1. En 1997, la Grande Bretagne a cédé Hong Kong à la Chine. L’accord prévoit que Hong Kong deviendra entièrement chinoise en 2047. En attendant, Hong Kong bénéficie d’un statut spécial qui lui assure une démocratie minimum, mais précieuse.
  2. En février 2019, le gouvernement de Hong Kong, marionnette de Pékin, décide que la police locale aura désormais le droit d’extrader vers la Chine, pour y être jugé et condamné, quiconque commet un délit dans la ville.
  3. Les Honkongais comprennent immédiatement la signification de cette mesure: tout démocrate pourra désormais être jugé par les tribunaux du Parti Communiste Chinois et enfermé dans un camp de concentration chinois.
  4. Les manifestations commencent le 9 juin. Elles sont massives, impressionnantes. La plus grande atteint plus de deux millions de personnes. Du jamais-vu à Hong Kong, pourtant habituée à défier le pouvoir chinois.
  5. La ville étant infestée de caméras à reconnaissance faciale, la population se munit de parapluies pour cacher les visages, comme lors des manifestations de 2014. Mais, cette fois, les Hongkongais ne s’en tiennent pas là. Ils vont rivaliser d’inventivité pour contourner le monstrueux système de surveillance de Xi. Des réseaux underground se mettent en place, qui impliquent tous les milieux, tous les âges, tous les métiers. La ville entre en état de mobilisation générale, avec un mot d’ordre emprunté à Bruce Lee: “Be water”. Soyez comme l’eau, souples, insaisissables, et envahissez tout. Se met alors en place ce qu’on peut légitimement appeler la révolution politique la plus sophistiquée de tous les temps et qui va, petit à petit, emporter l’admiration du monde libre.
  6. La police hongkongaise répond. Lacrymogènes, canons à eau, matraques en métal, arrestations de plus en plus nombreuses et brutales. Le grand clash commence.
  7. Constamment, les manifestants improvisent de nouvelles tactiques, de nouveaux modes d’affrontement. Commandos anti-lacrymogènes, hôpitaux clandestins, chaînes humaines illuminées la nuit, barricades mobiles, formations de la tortue, rayons laser pour aveugler caméras et policiers. Les communistes chinois sont stupéfaits: Hong Kong est devenue une Silicon Valley de la contestation. Chaque jour, chaque nuit, sans jamais d’arrêter, Hong Kong continue son combat. Les femmes, les adolescents, les prêtres, les avocats, les vieillards, les chauffeurs de taxi, chacun trouve sa méthode bien à lui pour renforcer l’opposition. Un étonnnant esprit collectif se crée, très vif, très fusionnel et très perfectionniste, unique dans l’histoire de l’anticommunisme. Xi commence à prendre peur.
  8. 17 septembre. Joshua Wong, leader pro-démocratie âgé de 23 ans, est reçu en audience par le Congrès américain. Ensemble, Républicains et Démocrates l’assurent de leur soutien. Pékin est folle de rage.
  9. 25 septembre. À La Tribune de l’ONU, Trump exige que la Chine respecte les termes de l’accord de 1997.
  10. 1er octobre 2019. La Chine communiste fête son 70 ème anniversaire. Les Hongkongais décident de gâcher l’événement. Et y parviennent. Parfaitement coordonnés, ils déclenchent des combats dans plus de quinze zones différentes de la ville. La police est prise de court. Dans la presse mondiale, le colossal défilé militaire de Pékin passe au second plan. Xi est ridiculisé.
  11. 4 octobre. Le gouvernement hongkongais interdit les masques dont se servent les manifestants pour échapper à la surveillance. Le soir même, les Hongkongais descendent en masse dans les rues avec des masques.
  12. 15 octobre. Au Parlement, pendant un discours de Carrie Lam, chef du gouvernement, un manifestant réussit à projeter des slogans pro-démocratie géants et lumineux sur les murs. La salle siffle l’oratrice. Humiliée, Lam quitte la salle.
  13. 16 octobre. Carrie Lam revient faire son discours. Elle est huée par une par une partie des députés. Lam quitte de nouveau la salle. Chaos au Parlement.
  14. Aujourd’hui, 18 octobre. Les manifestants annoncent un grand week-end de manifestations. La police réplique qu’elles sont interdites.
  15. Demain, 19 octobre. Ça va chauffer.

QU’EXIGENT-ILS ?

Leur seul et unique slogan politique est: “5 demandes, pas une de plus, pas une de moins!”

  1. Annulation définitive de la loi sur l’extradition. Ils l’ont obtenue.
  2. Démission de Carrie Lam.
  3. Élection d’un chef de l’exécutif au suffrage universel.
  4. Libération des manifestants arrêtés depuis le 9 juin.
  5. Enquête sur les violences policières.

QUELLE EST LEUR COULEUR POLITIQUE ?

Anticommuniste, démocrate, pro-capitaliste et libérale. Ils considèrent le Parti Républicain américain comme un modèle. Leur objectif ultime: la destruction du Parti Communiste Chinois. Joshua Wong: “Qui aurait pu croire que les petits peuples de l’Europe de l’Est pouvaient faire s’effondrer l’USSS.? Nous allons faire exactement la même chose.”

BILAN PROVISOIRE

2 500 manifestants arrêtés, dont 750 mineurs. Des centaines de blessés du côté des manifestants, des dizaines du côté de la police. 4 mois et demi de manifestations ininterrompues. Grand perdant: Xi Jinping, incapable de gérer une crise où son image internationale s’enlise inexorablement.

NOTRE PRONOSTIC

Dans trois mois ou dans trois ans, la liberté vaincra. Un manifestant: “Nous sommes allés trop loin pour faire marche arrière. Soit nous gagnons, soit nous mourrons. Alors, nous allons gagner.”.

Vidéo 1: une manifestation filmée par un drone piloté par un activiste pro-démocratie. Passez en mode “plein écran”!

Vidéo 2: l’hymne des manifestants, écrit, composé, interprété et filmé par eux.

Photo: manifestants armés de leurs rayons lasers brouillant les systèmes de surveillance. Sur cette image, ils se réunissent un soir pour offrir au monde un show unique

Sources: Hong Kong Free Press, New York Times, Wall Street Journal, Financial Times, The Independent, et de nombreux réseaux dissidents sur Facebook.

 

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