DICTIONNAIRE MACRON-FRANÇAIS / I comme “Immigration”

Photo/Flickr
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La question de l’immigration résume, à elle seule, la manière dont Macron dirige le pays. Un coup à gauche toute, un coup à droite toute, et tant pis si le navire se renverse en pleine tempête.

Macron a été élu face à Marine Le Pen. Bien entendu, comme Chirac l’avait fait face au fondateur du FN, il a axé sa campagne sur l’antifascisme et l’antiracisme.

Tandis que la vilaine frontiste promettait des solutions autoritaires, le beau Manu allait faire de la France une nation hyper-moderne intégrant miraculeusement tous les talents de toutes les origines. Une question demeurait toutefois: une fois au pouvoir, comment allait-il gérer le chaos migratoire?

Concrètement, il a imité Hollande: il n’a rien géré du tout. Aux frontières, aux guichets, sur les chantiers, dans les écoles, les hôpitaux, les tribunaux et les camps d’urgence, impossible de détecter la moindre différence entre le macronisme et le hollandisme: le désordre migratoire monte comme la lave dans un volcan, l’anarchie règne à tous les étages, le peuple a peur et le Président regarde ailleurs.

Et puis, soudain, sans prévenir, le 16 septembre, devant les députés LREM et réagissant à l’attentat de la Préfecture, il lâche: “Les bourgeois ne croisent pas l’immigration, ce sont les territoires les plus pauvres qui en sont le réceptacle.” Coup de théâtre! La gauche tombe dans le piège la tête la première et s’indigne.

On accuse Macron de “faire du Sarkozy”, et même de “faire du Patrick Buisson”. C’est ce que veut Macron: hypnotiser la droite en affrontant la gauche, en montrant du doigt les bobos confortablement installés dans leurs citadelles parisiennes. Les coupables, c’est eux! Il décide que l’heure d’un Grand Débat sur le sujet est venue. Il surprend et il impressionne.

Sauf que ce nouveau positionnement n’est pas plus sincère que le précédent. Macron faisait semblant d’être un immigrationniste de gauche, il fait maintenant semblant d’être un anti-immigrationniste de droite. Bluff et contre-bluff.

Il y a une autre phrase, prononcée par le même Macron à la même réunion, que la presse n’a pas reprise, et qui est pourtant essentielle: “Le progressisme, qui n’existait que dans le champ bourgeois, est voué à mourir.” Ça alors! Macron s’est fait élire, très précisément, sur ses supposées convictions progressistes, et voilà qu’il les attaque, les détruit, nie leur réalité, et qu’il appelle à les jeter par-dessus bord! Il officialise le décès de ses propres idées, de son programme, de tout ce en quoi croyaient ses fans! Il se dénonce lui-même!

Ne nous y trompons pas. Il ment. Non parce qu’il reste progressiste: il ne l’a jamais vraiment été. Tout comme il n’est pas devenu anti-progressiste, ni post-progressiste. Macron n’est nulle part, ce qui lui permet de retourner sa veste à la vitesse de l’éclair. À ses yeux, il n’a pas à s’excuser de ses revirements et de ses trahisons, ni même à les expliquer. Macron est comme le vent, il souffle où il veut. Il fait partie de la gauche insaisissable qui a tous les droits, comme Ségolène Royal.

Alors, hélas, encore une fois, c’est pire que du Hollande. Car, avec Culbuto Premier, on savait à quoi s’en tenir: il voyait des chances pour la France partout où il y avait des délinquants. On n’était jamais surpris par sa politique migratoire, même si on la condamnait. Alors qu’avec Macron le pays mime la fermeté, tout en restant une guimauve. C’est grotesque et c’est dangereux. Car on va encore dérégler une machine étatique devenue folle, en lui demandant de faire preuve d’une sévérité qui ne sera jamais suivie d’effets. On va faire les gros yeux aux migrants. Les réseaux de passeurs se marrent. Les policiers se suicident.

Rien n’est plus dramatique, pour un État régalien, que de recevoir des ordres qu’il n’a pas les moyens d’appliquer. Le Macron “de droite” va accuser les forces de l’ordre, les juges, les ministères, de ne pas être assez méchants, alors que ni les lois, ni les budgets ne leur permettent de l’être. L’anarchie va prendre ses aises. Un mois avant la prochaine élection présidentielle, Macron pourra à nouveau prendre acte de son propre échec, virer de bord à fond les manettes, et accuser le FN de racisme. Il reviendra au progressisme anti-réacs, puisque ça marche à tous les coups. Et, un jour ou l’autre, le paquebot France finira par sombrer.

Brigitte, n’oublie pas de préparer les sandwiches pour le canot de sauvetage!

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