L’attentat raté de Notre-Dame. 30 ans de prison requis pour le commando des djihadettes, “animées par la volonté de tuer”

Sarah Hervouët, Amel Sakaou et Inès Madani/DR
Sarah Hervouët, Amel Sakaou et Inès Madani/DR

Elles sont le “visage du jihad au féminin”: des peines allant de 20 à 30 ans de réclusion criminelle ont été requises jeudi devant la cour d’assises spéciale de Paris contre quatre femmes, trois ans après un attentat raté près de Notre-Dame.

Elles ont été “le bras armé” du groupe Etat islamique et ont montré “une détermination sans faille”, démarre l’avocate générale en introduction du réquisitoire. Elle parle de l'”engagement maximal” de ces djihadistes, qui avaient prêté allégeance à l’EI et envoyé des vidéos de revendication d’attentats à venir. “Elles étaient animées par cette volonté de tuer“.

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, deux d’entre elles – Inès Madani et Ornella Gilligmann – garaient une voiture remplie de bonbonnes de gaz devant des restaurants près de Notre-Dame et tentaient de l’incendier avec du gasoil. Le choix de ce carburant impossible à enflammer avec une allumette a permis d’éviter une explosion meurtrière.

Après l’échec de cet attentat, Inès Madani s’était retranchée chez Amel Sakaou à Boussy-Saint-Antoine, en Essonne, guidée par Rachid Kassim, propagandiste de l’EI. Toutes deux avaient été rejointes par Sarah Hervouët.

Traquées par la police, les trois femmes quittaient l’appartement armées de couteaux de cuisine. Sarah Hervouët avait alors porté un coup de couteau à un policier en civil.

Deux hommes apparaissent également dans ce dossier. Rachid Kassim, “celui sans lequel rien ne se serait produit”, est jugé par défaut, car il serait mort en Irak en 2017. Il a “le rôle le plus important”, pour la parquet, qui demande la perpétuité.

Mohamed Aberouz, jugé pour non-dénonciation de crime, est par ailleurs soupçonné d’avoir participé au double assassinat jihadiste de policiers à Magnanville en 2016. “C’est le plus dangereux”, selon l’avocate générale, qui requiert la peine maximale de 5 ans d’emprisonnement. “Le jihad, c’est sa vie!”, conclut-elle.

Source: AFP

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