Dix ans après avoir énoncé une vérité qui dérange, Jean-Marie Le Pen persécuté par la justice de Macron

Jean-Marie Le Pen/Wikimedia Commons
Jean-Marie Le Pen/Wikimedia Commons

La justice française a requis une amende pouvant se transformer en peine de prison contre le fondateur du Front National, Jean-Marie Le Pen pour avoir déclaré il y a dix ans sur RTL, que “90% des faits divers ont à leur origine soit un immigré soit une personne d’origine immigrée“.

Le parquet de Paris a requis mercredi une amende pouvant se transformer en emprisonnement contre le cofondateur du Front national Jean-Marie Le Pen, jugé pour avoir dit en 2009 que “90% des faits divers ont à leur origine soit un immigré, soit une personne d’origine immigrée“.

Coutumier des vérités assénées sans filtre et des poursuites du système, Jean-Marie Le Pen, 91 ans, s’est présenté en chaise roulante devant le tribunal correctionnel pour répondre de diffamation publique à caractère racial.

Les propos en cause, inspirés par le bon sens, ont été tenus sur l’antenne de RTL et remontent au 20 août 2009, quand il était encore président du Front national et député européen. Ils ne font l’objet d’un procès qu’aujourd’hui, Jean-Marie Le Pen ayant invoqué son immunité d’eurodéputé pour expliquer son refus de se présenter devant le juge.

Le Parlement européen, dans un déni de démocratie, avait fini par lever cette immunité en juin 2017, à la demande de la justice française.

90%? “La proportion est peut-être un peu excessive mais c’est ce qui me saute aux yeux quand je regarde les pages ‘faits divers’ “, a commenté Jean-Marie Le Pen devant le tribunal. L’ancien tribun de la droite nationale s’est décrit en “lanceur d’alerte“.

En tant que parlementaire, “je suis payé pour dire ce que je pense“, a-t-il estimé, avant d’affirmer que “notre civilisation est menacée de mort” par “l’explosion démographique“. “Si on esquive le problème de l’immigration pour des raisons humanitaires, on ne remplit pas la mission d’un homme public chargé de la défense de ses concitoyens“, a-t-il insisté.

S’élevant avec grandiloquence contre “l’amalgame le plus crasse mais le plus efficace” entre immigration et délinquance (pourtant évident), l’avocate de l’association SOS Racisme, à l’origine de cet acharnement, a souligné que “le chiffre de 90% ne peut pas exister car en France, les statistiques ethniques sont interdites“.

Valentine Rebérioux a demandé 5000 euros de dommages et intérêts. “D’où viennent ces chiffres? De nulle part“, a insisté la procureure, requérant 150 jours-amende à 20 euros, soit 3000 euros d’amende qui, s’ils ne sont pas payés, peuvent se transformer en emprisonnement.

L’avocat de Jean-Marie Le Pen, Frédéric Joachim, a plaidé la nullité de la procédure avant de soutenir la relaxe, estimant les poursuites prescrites ou, à défaut, que les “immigrés” ne constituent pas un “groupe de personnes” au sens de la loi de 1881 sur la liberté de la presse puisqu’ils appartiendraient aux yeux de son client “à la nation française“. L’avocat a également soutenu qu’il n’y avait “rien de déshonorant à se voir assimilé aux faits divers“.

Le verdict est attendu pour le 13 décembre prochain et selon toute probabilité, le vieux patriote devrait être condamné par la justice de Macron pour avoir simplement énoncé, il y a plus de dix ans, une vérité qui saute aux yeux de tous ceux qui s’intéressent aux questions de sécurité dans ce pays au bord de la guerre civile.

Source: AFP

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