DICTIONNAIRE MACRON-FRANÇAIS / C comme “Climat”

Photo/Wikimedia Commons Montage/FL24
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Peu importe qu’il croie ou non ce qu’il raconte: Macron se la joue idéaliste. Les grands projets, les belles utopies, c’est son truc. Et quel plus grand projet, à notre époque, que de sauver la planète entière à coups de lois et de taxes? C’est un job pour la pensée complexe.

Hollande avait organisé la COP21. Cependant, il l’avait traversée comme un fantôme, sans avoir l’air de s’y intéresser vraiment. Il avait juste envie de gaspiller énormément d’argent, et d’inviter les chefs d’états du monde entier à faire de même. “Contribuables du monde entier, soumettez-vous!” La sauvegarde de la planète était une excellente occasion de créer une immense usine à gaz. Il a donc fait du socialisme pur, avec entêtement, mais sans enthousiasme.

Macron ajoute une note très personnelle: quand il parle de la Terre, il est énergique, trépidant, frénétique. Et surtout, il le fait en mode pensée complexe: “Je suis plus intelligent que tous les peuples, le mien y compris.”

Souvenez-vous. Le 22 septembre, Macron demandait aux adolescents écologistes français d’aller manifester en Pologne pour mettre la pression au gouvernement local, lequel refusait de se prosterner devant le dieu Climat. Comme tout est absurde en Macronie, cet appel à la révolte transnationale était passé presque inaperçu. Mais arrêtons-nous-y quelques instants.

Qu’est-ce que c’est que ce chef d’État qui dit à sa jeunesse d’aller hurler dans les avenues d’un pays voisin pour y ridiculiser un vilain pouvoir réactionnaire? Pour qui se prend-t-il ? Lénine? L’exportation de la révolution est une des idées-clés du bolchévisme. Macron a ainsi confirmé que, si son look penche un peu à droite, ses idées penchent très à gauche

Figurez-vous que cet épisode grotesque scandalisa Mélenchon et le PCF, pourtant fort peu amis de la nouvelle Pologne. Même eux, les communistes, trouvaient insensé que Macron inflige ainsi des leçons de morale à une nation européenne. Jean-Luc le Hurleur avait alors qualifié le Président de “roi du mépris”, tandis que Ian Brossat parlait d'”arrogance insupportable”.

Pourquoi avaient-ils réagi si vivement? Parce que leur instinct de staliniens français avait repéré chez Macron l’ennemi qu’ils détestent le plus: le gauchiste, le trotskiste, agitateur-né, surdoué pour créer le désordre et lancer les masses droit dans le mur. (Et, sur ce point, une fois n’est pas coutume, nous ne leur donnons pas tort.)

Voilà tout le problème du climat selon Macron: c’est pour lui un champ de bataille médiatique et émotionnel, exhibitionniste et passionnel, où il peut laisser exploser sa nature électrique, gesticulante, à la limite de l’hystérie et de l’anarchisme. En quoi il rejoint Greta Thunberg. Car l’idée de la Grande Marche des adolescents français envahissant la Pologne, en plus de ressembler à du Mao, c’est du Greta tout craché.

Il l’a un peu critiquée récemment, mais qui aime bien châtie bien: Greta ne pense pas assez complexement.

La France a voté pour un candidat qui promettait d’agir, et elle a eu un Président activiste, propagandiste, prêt à déclencher des incidents diplomatiques par amour pour le foutoir adolescent. Le climat est son chahut. Il pourrait se faire des couettes et porter un K-way jaune.

 

 

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