Ironie du sort, le lendemain des funérailles de Jacques Chirac son ancien rival Edouard Balladur part au tribunal pour l’affaire Karachi

Edouard Balladur et François Léotard en 1993/DR
Edouard Balladur et François Léotard en 1993/DR

La Cour de justice de la République a décidé de juger l’ancien Premier ministre Edouard Balladur et son ex-ministre François Léotard dans l’affaire Karachi, a annoncé mardi le procureur général François Molins.

Les deux hommes sont renvoyés pour “complicités d’abus de biens sociaux” et, pour Edouard Balladur, recel de ces délits, dans cette affaire de financement occulte de la campagne présidentielle de 1995 de ce dernier, via des rétrocommissions.

François Léotard est accusé d’avoir mis en place un “circuit opaque” au coeur des contrats d’armements signés par ces industriels avec le Pakistan et l’Arabie Saoudite sous le gouvernement Balladur.

Ce dernier se voit reprocher d’avoir “donné des instructions tendant à ce que le ministre du Budget consente à ce que l’Etat donne sa garantie à des contrats déficitaires ou sous-financés” à cause notamment de commissions douteuses.

Il sera jugé également pour recel de ces abus, “en particulier pour avoir pu ainsi financer sa campagne électorale de 1995, notamment grâce à des espèces à hauteur de 10 250 000 francs, susceptibles de provenir de rétro-commissions sur ces marchés“.

L’affaire de Karachi doit son nom à l’attentat du 8 mai 2002 qui avait fait quinze morts français de la Direction des chantiers navals qui travaillaient à la construction d’un sous-marin vendu au Pakistan.

L’enquête antiterroriste a exploré depuis 2009 la thèse des représailles à la décision de Jacques Chirac, tombeur d’Edouard Balladur à la présidentielle, d’arrêter le versement de commissions dans ces contrats après son élection.

Les magistrats avaient acquis la conviction que les comptes de campagne d’Edouard Balladur, pourtant validés, avaient été en partie financés par des rétrocommissions – illégales, près de 2 millions d’euros, en marge des contrats de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie Saoudite.

Source: AFP

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