Million Dollar Hidjab Baby. Une musulmane de Berlin qui fait plier la fédération de boxe et impose l’islamisation dans le sport

Zeina Nassar/Twitter
Zeina Nassar/Twitter

Zeina Nassar est une figure prometteuse de la boxe féminine allemande. Mais le premier combat de cette Berlinoise de 21 ans ne se situe pas d’abord sur le ring. Elle affiche clairement ses ambitions: sa première cause est de faire accepter son hijab dans les compétitions internationales, malgré des critiques.

Cette enfant du quartier bobo-turc de Kreuzberg, peut désormais viser les jeux Olympiques de Tokyo l’an prochain puis ceux de Paris en 2024, “mon grand rêve, mon grand objectif“, sourit-elle entre deux entraînements.

Car en février, l’Association internationale de boxe amateur (AIBA) a modifié son règlement pour autoriser le port du hijab sur le ring.

Maintenant les conditions préalables sont les mêmes pour toutes“, se félicite Zeina Nassar. “Seule doit compter la performance sportive. On ne doit pas être réduite à son apparence extérieure“, juge la jeune sportive qui à l’entraînement comme en compétition porte un hijab, un legging et un haut qui couvre ses bras, selon les strictes règles islamiques.

Zeina Nassar a su bien assimiler le discours en vigueur à sortir devant les médias, cette espèce de novlangue bobo-islamo-féministe. “C’était comme si je devais prouver deux fois plus de choses, parce que non seulement je suis une femme qui fait de la boxe mais en plus je porte le voile“.

Repérée dès ses débuts sur le ring, l’étudiante en Sciences de l’éducation et en sociologie ne pouvait pas disputer de combats internationaux en raison de son voile.

Cette année, la Fédération allemande de boxe, qui a changé ses règles pour elle en 2013, l’a ainsi nominée pour les Championnats d’Europe des moins de 22 ans mais la sportive n’a pu défendre ses chances à cause de sa tenue.

Zeina Nassar, qui parle aussi arabe et se rend régulièrement au Liban d’où sont originaires ses parents, n’a jamais songé à enlever son hijab pour la boxe. “Pourquoi aurais-je dû faire ça? Pour moi il a toujours été clair que je participerais à des combats avec mon voile.”

Sa démarche est à l’oppose d’une autre jeune boxeuse musulmane, l’Iranienne Sedaf Khadem, qui a gagné en avril en France son premier combat officiel en short et débardeur. La boxeuse de 24 ans a été accusée d’avoir enfreint la loi de la République islamique qui impose à ses sportives de porter le hijab, a été contrainte de quitter son pays et rester en France.

Ce voile, en tant que signe religieux, bafoue l’esprit olympique, estiment ses opposants.

Même si la Fédération de boxe comme la plupart des fédérations ont cédé, la Charte olympique, elle, n’a pas changé” et prohibe toute démonstration politique, religieuse ou raciale, rappelle la présidente de la Ligue du droit international des femmes Annie Sugier, qui dénonce “un apartheid sexuel”.

Outre l’islamisation symbolique de la société occidentale, le combat de Zeina Nassar pour imposer le voile islamique a encore un autre aspect. La “mode pudique”, en pleine expansion chez les fabricants des vêtements de sport, constitue un marché de centaines de milliards d’euros convoité par de nombreuses marques. Zeina Nassar est l’une des égéries de Nike qui commercialise depuis près de deux ans un hijab de compétition. La hauteur de sa rémunération n’est pas révélée.

Source: AFP

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