Pakistan. Accusé de blasphème, ce professeur d’université croupit à l’isolement en prison, “une parodie” de justice

Junaid Hafeez, accusé de blasphème, en prison depuis 5 ans/DR
Junaid Hafeez, accusé de blasphème, en prison depuis 5 ans/DR

Ce mercredi 25 septembre, Amnesty International a dénoncé “une parodie” de justice au Pakistan à propos d’un professeur d’université accusé de blasphème qui a passé plus de cinq ans à l’isolement en prison avec de “sérieux retards” dans l’instruction du procès.

Junaid Hafeez, maître de conférence à l’université Bahauddin Zakariya de Multan (Sud), est accusé d’avoir dénigré Mahomet en mars 2013. En mai 2014, reflétant le climat au Pakistan sur cette question, trois hommes armés avaient assassiné son avocat, Rashid Rehman, après que les avocats de la partie civile l’eurent menacé de mort durant une audience.

Huit juges se sont succédé depuis que cette affaire à démarré, les sept premiers ayant été transférés, observe Amnesty international dans un communiqué, dénonçant “de sérieux retards de procédure”.

Junaid Hafeez est détenu à l’isolement depuis mai juin 2014, ses conditions de détention ayant encore empiré cette dernière année, jusqu’à devenir “extrêmes”, témoigne l’ONG de défense des droits de l’Homme.

Rabia Mehmood, chercheuse pour Amnesty International, ne mâche pas ses mots: “L’affaire Junaid est une parodie. Les autorités doivent le libérer immédiatement et sans condition, et abandonner toutes les charges retenues contre lui.”

Son avocat, Asad Jamal, a dénoncé une justice “non impartiale”. “L’accusation a été démolie pièce par pièce. C’est pourquoi ils retardent” l’affaire, a-t-il révélé. Son client, pourtant de confession musulmane, est enfermé depuis un an dans une cellule de 8 m2, au sein d’un baraquement dont il est le seul prisonnier et dont il n’a pas le droit de sortir, déplore-t-il.

Au Pakistan, le blasphème est puni de mort, et même des allégations non prouvées “d’insulte à l’Islam” peuvent entraîner des assassinats et des lynchages.

L’acquittement fin octobre dernier de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, ce qu’elle a toujours nié, avait provoqué des manifestations violentes dans tout le Pakistan. Asia Bibi vit désormais réfugiée au Canada avec sa famille.

Source: AFP

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