Justice aux ordres. Mélenchon pleurniche sur son sort mais est-il atteint d’Alzheimer?

Prisonniers du Goulag, victimes du lawfare de gauche/Wikimedia Commons
Prisonniers du Goulag, victimes du lawfare de gauche/Wikimedia Commons

Pour peser dans le procès qui l’oppose en ce moment à l’État français, suite à la perquisition très agitée des locaux de la France Insoumise par la police, Jean-Luc Mélenchon nous gratifie d’un nouveau livre, Et ainsi de suite.

À la fois plaidoyer et pamphlet, Et ainsi de suite ressemble à son auteur: c’est un essai bouillant, colérique, spectaculaire. Mais l’énervement et le goût des formules-choc n’excuse pas tout. Dans le chapitre consacré à ce qu’il appelle “le lawfare”, c’est-à-dire la manipulation de la justice par la politique, Mélenchon semble être atteint de très sérieux problèmes de mémoire. Citons-en trois phrases.

Le lawfare est une arme au service d’une idéologie. Elle se répand dans tous les régimes libéraux. Elle est le symptôme de l’évolution spontanée des gouvernements libéraux en régimes autoritaires.”

Selon Mélenchon, les juges corrompus, les tribunaux manipulés, les verdicts truqués sont principalement l’affaire de régimes sud-américains pervertis par le capitalisme, et qui font des procès iniques à de merveilleux militants de gauche, tels que Lula.

Et là, on se frotte les yeux, on se pince pour vérifier qu’on ne rêve pas. Comment Mélenchon, pourtant notoirement cultivé et grand connaisseur de l’histoire de la gauche, fait-il pour oublier que le “lawfare”, la fausse justice, la justice politique, aveugle et perverse, est d’abord et avant tout, de nos jours comme au XXe siècle, une spécialité des régimes marxistes?

Quid des Procès de Moscou entièrement mis en scène par Staline, qui se payait même le luxe d’écrire lui-même les dépositions des accusés? Quid de la Révolution Culturelle de Mao, qui vit les adolescents juger de manière atrocement expéditive les adultes du pays et les pousser au suicide? Quid des tribunaux improvisés de Pol Pot, où l’on torturait des femmes et des enfants pour leur faire avouer des crimes invraisemblables avant de les exécuter? Quid de la justice nord-coréenne, pour laquelle le simple fait de posséder une Bible vaut la peine de mort? Quid du système judiciaire de Xi, pour qui le Parti a toujours raison, même quand il est coupable, et où ses victimes finissent invariablement en camp de concentration?

Que dit Mélenchon de ces “lawfare”-là? Pas un mot. Dans l’esprit du leader de LFI, les dizaines de millions d’innocents qui ont été envoyés au bagne ou exécutés d’une balle (quand ce n’était pas un coup de pelle) dans la nuque sans comprendre de quoi on les accusait, n’existent pas.

Dans les charniers et les fosses communes surplombés par le drapeau rouge, d’innombrables corps attendent qu’on les respecte enfin. Mais Mélenchon leur crie avec un air hilare: “Vous n’êtes pas des syndicalistes argentins! Vous n’êtes pas des grévistes brésiliens! Vous n’avez donc pas le droit à la parole! La tyrannie judiciaire est de droite, point final!

Pour remplacer le devoir de mémoire, Mélenchon invente le devoir d’oubli.

Source: Le Dauphiné

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