Jean-Marie Le Pen mis en examen dans l’affaire des emplois présumés fictifs du FN. Sera-t-il nommé euro-commissaire?

Jean-Marie Le Pen/Wikimedia Commons
Jean-Marie Le Pen/Wikimedia Commons

Selon ses avocats, l’ancien président du Front national Jean-Marie Le Pen a été mis en examen vendredi pour “détournement de fonds publics” et “complicité” de ce délit dans l’affaire des emplois présumés fictifs de ce parti au Parlement européen.

Le cofondateur du parti, rebaptisé depuis Rassemblement national (RN), a été interrogé pendant plus de quatre heures par les juges d’instruction parisiens Claire Thépaut et Dominique Blanc sur les emplois de trois de ses assistants.

Jean-Marie Le Pen, 91 ans, “est très fatigué par tout ceci“, a déclaré Me Frédéric Joachim. “C’est une affaire de toute évidence politique voire politicienne“, a-t-il poursuivi, dénonçant une “incursion du pouvoir judiciaire dans le pouvoir législatif“.

Déjà convoqué le 11 avril dans cette affaire, Jean-Marie Le Pen, qui a présidé le parti frontiste de 1972 à 2011, avait refusé de se rendre chez les juges, se considérant encore protégé par son immunité d’eurodéputé. Cette dernière avait été levée par le Parlement européen, à la demande de la justice française, le 12 mars.

Les magistrats instructeurs soupçonnent le RN et ses dirigeants d’avoir mis en place “de manière concertée et délibérée” un “système de détournement” des fonds allouées par l’UE à chaque député pour rémunérer des collaborateurs parlementaires, afin de permettre au parti de faire des économies sur ses salaires.

On reproche au FN la pratique, très courante dans tous les partis politiques, d’employer comme assistants parlementaires des cadres du parti qui, en plus de leurs activités au parlement européen, exercent des responsabilités dans les fédération ou au siège.

La somme a été estimé par le Parlement européen à près de 7 millions d’euros pour la période 2009-2017.

Dans ce dossier, une vingtaine de mises en examen ont été prononcées, dont celle de Marine Le Pen, présidente du RN, l’ex-compagnon de cette dernière Louis Aliot ou encore le trésorier du parti Wallerand de Saint-Just. Le parti a lui aussi été mis en examen dans cette affaire.

Source: AFP