Deux mois après la disparition de Steve Maia Caniço, noyé dans la Loire, Castaner a enfin trouvé un bouc émissaire

Emmanuel Macron et Christophe Castaner/DR
Emmanuel Macron et Christophe Castaner/DR

Deux mois après la découverte du corps de Steve Maia Caniço et une “enquête bâclée” de l’IGPN, une première et timide sanction: le commissaire chargé de l’intervention policière controversée à Nantes le soir de la Fête de la musique “sera muté” a annoncé vendredi Christophe Castaner, en dévoilant un rapport selon lequel le fonctionnaire a “manqué de discernement”.

Le commissaire divisionnaire en charge des opérations ne pourra plus exercer ses fonctions et sera muté sur un emploi sans responsabilité de maintien de l’ordre, dans l’attente des conclusions de l’enquête” judiciaire, a expliqué le ministre de l’Intérieur devant la presse.

Selon le rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA), “les décisions prises par le commissaire divisionnaire ont manqué de discernement“.

L’IGA, organisme de contrôle du ministère de l’Intérieur, avait été saisi le 30 juillet pour éclaircir les circonstances de l’opération de police menée dans la nuit du 21 au 22 juin sur un quai de la Loire à Nantes au cours de laquelle Steve Caniço avait disparu. Son corps avait été retrouvé dans la Loire cinq semaines plus tard.

La vitesse de réaction l’a emporté sur l’analyse empêchant une manoeuvre plus adaptée“, a estimé M. Castaner, ajoutant que l’opération de police était “légitime dans son principe compte tenu des jets de projectiles dont les forces faisaient l’objet, mais les modalités, quant à elles n’étaient pas adaptées“.

Cependant pointer les responsabilités de la police, même s’il s’agit d’un officier isolé, c’est déjà trop pour l’Intérieur. Le ministre a pointé du doigt en outre l’attitude du DJ qui a refusé de couper le son, ce qui a été “une cause première de l’intervention policière“.

Dans leurs conclusions, les enquêteurs de l’IGA soulignent que “la situation aurait été totalement différente si un des sound system avait coupé le son comme les huit autres. La cause première des violences de la nuit est bien celle là“, est-il écrit dans la synthèse du rapport.

Les enquêteurs de l’IGA épinglent également la préfecture de Loire-Atlantique et la mairie de Nantes, pour n’avoir “pas accordé une attention suffisante” à la présence de sound systems sur le quai Wilson.

Une enquête administrative de l’IGPN, “bâclée” selon les sources policières, n’avait pas été en mesure d’établir de lien entre la disparition du jeune homme et l’intervention des forces de l’ordre, ni d’exempter l’opération policière.

Source: AFP