Défendre le voile islamique ou retourner au pouvoir? Le dilemme de Justin Trudeau

Image d'illustration/Twitter
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Le Premier ministre sortant Justin Trudeau a reconnu vendredi qu’il pourrait contester, après la campagne électorale, une loi controversée sur la laïcité récemment adoptée par le Québec, un sujet sensible dans cette province cruciale pour sa réélection.

Ce libéral de gauche, ardent défenseur du multiculturalisme, a toujours exprimé son opposition à cette loi adoptée en juin dernier. Il a jusqu’à présent ajouté qu’il serait “contre-productif” de lancer une action en justice à ce stade.

Nous n’allons pas fermer la porte à une intervention à l’avenir, parce qu’il serait irresponsable qu’un gouvernement ferme la porte à tout jamais à une intervention sur une question qui touche des droits fondamentaux“, a-t-il déclaré lors d’un point-presse.

En effet, la province s’est dotée d’une loi sur la neutralité religieuse de l’État. Elle oblige les citoyens à présenter un visage découvert lorsqu’ils reçoivent ou donnent des services publics. La province interdit désormais le port du voile intégral, comme la burqa et le niqab, aux fonctionnaires qui travaillent avec le public et aux citoyens qui reçoivent des services gouvernementaux.

Le Premier ministre patriote de cette province, François Legault, a exigé mercredi des candidats qu’ils s’engagent à ne pas contester cette loi qui interdit les signes religieux à certains fonctionnaires, policiers ou enseignants.

La loi en question, votée au Québec après un débat de douze ans, est surtout la bête noire des musulmans, car son application stricte interdit l’accès à la fonction publique aux femmes voilées.

M. Trudeau a rappelé que des actions en justice avaient déjà été lancées au Québec contre la “loi 21”, qui contrevient à la charte canadienne des droits et libertés. Cette charte comprend cependant une clause dérogatoire permettant de s’y soustraire pendant cinq ans, utilisée par le gouvernement du Québec.

Je crois que les électeurs québécois savent très bien que je défendrai toujours les droits et les libertés individuels et que je suis en désaccord avec la loi 21“, a insisté le Premier ministre sortant.

Terre majoritairement libérale, le Québec, deuxième province la plus peuplée du Canada, compte 78 des 338 députés à la chambre des Communes sortantes.

Les derniers sondages donnent au coude-à-coude les libéraux de Justin Trudeau et les conservateurs de son rival Andrew Scheer, prédisant une issue incertaine au scrutin du 21 octobre. Lors d’un débat jeudi soir, M. Scheer a pour sa part écarté toute contestation de la “loi 21” s’il devenait Premier ministre fin octobre.

Source: AFP