Avant le vote de confiance au Sénat italien, Salvini atomise Conte “cloué à son fauteuil”

Matteo Salvini au Senat/Twitter
Matteo Salvini au Senat/Twitter

L’ancien homme fort du gouvernement italien Matteo Salvini et le Premier ministre Giuseppe Conte, reconduit à la tête d’une nouvelle majorité sans La Ligue de Salvini, se sont vivement affrontés mardi pendant le débat au Sénat précédant le vote de confiance.

Au cours de son intervention dans l’après-midi, le chef de la Ligue a attaqué durement Giuseppe Conte, l’accusant “d’être cloué à son fauteuil” de chef du gouvernement “comme une vieille momie de la première république”, celle où la Démocratie chrétienne régnait en maître dans l’après-guerre.

Vous êtes la minorité dans le pays, vous pouvez fuir pendant quelques mois, mais pas à l’infini“, a-t-il poursuivi en évoquant les élections régionales qui auront lieu dans les prochains mois en Italie.

Giuseppe Conte a été renouvelé la semaine passée dans ses fonctions à la tête d’une majorité rassemblant le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) et le Parti démocrate (première force de gauche, prosystème) et a composé un gouvernement penchant à gauche.

Matteo Salvini en veut au Premier ministre d’être resté à son poste en dépit de l’éclatement de la coalition entre le M5S et la Ligue qu’il a provoqué le 8 août en réclamant des élections anticipées à l’automne. A ce moment-là, la Ligue était créditée de 36 à 38% des intentions de vote.

Sous les applaudissements de ses troupes, Matteo Salvini a mêlé les attaques personnelles contre Giuseppe Conte, en évoquant un CV “enjolivé” par ce dernier, aux critiques sur la politique qu’il propose de mettre en oeuvre.

Si quelqu’un ne veut pas aller aux élections, cela signifie qu’il a mauvaise conscience. Pour vous l’important c’est de stopper la Ligue, pour nous c’est de faire repartir le pays“, a lancé Matteo Salvini.

Le gouvernement Conte 2 a obtenu lundi soir la confiance des députés avec une large majorité (343 oui contre 263 non).

Au Sénat, Giuseppe Conte a été accueilli aux cris de “dignité” et “traître” provenant des bancs de la Ligue et de Frères d’Italie (FDI).

Ces deux partis avaient organisé lundi une manifestation contre le gouvernement qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes, près du parlement.

Dans son discours programmatique de lundi, Giuseppe Conte a promis d’engager l’Italie dans “une nouvelle ère réformatrice”, pour relancer l’économie, la natalité, les infrastructures et l’innovation, tout en réclamant à l’Europe plus de souplesse en matière de budget et de solidarité pour gérer les flux migratoires.

C’est ce dernier point qui risque d’être une pierre d’achoppement de la nouvelle coalition. Il est, en effet, difficile de concevoir comment M5S qui a cautionné à 100% la politique de l’immigration zéro et des ports fermés de son partenaire de la Ligue cautionnerait désormais la politique du tout-migratoire de la gauche italienne, son nouveau partenaire de coalition.

“10 septembre, la journée de la trahison nationale”, résume Matteo Salvini sur Twitter.

Source: AFP