Djihad familial. Comment cette famille nombreuse islamiste finançait son djihad avec l’argent de la CAF

Image d'illustration/DR
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Ce jeudi dernier, deux membres de la filière terroriste de Roubaix ont comparu devant la cour d’appel de Paris. Deux sœurs, Anissa Tahar Aouidate, 31 ans, et Assia, 36 ans, répondaient d’association de malfaiteurs et de financement d’une entreprise terroriste, faits commis entre 2013 et 2015.

La famille Tahar Aouidate s’illustre par son engagement massif en faveur du Califat. Entre mai et septembre 2014, 34 membres de cette famille du Pas-de-Calais, y compris les grands-parents, quittent la France pour rejoindre Raqqa. Le grand-père y est même félicité pour avoir amené six de ses filles en zone de combat.

Un frère des prévenues, Fodil, a été capturé en Irak et condamné à mort. La DGSI le suspectait déjà de détenir des armes avant son départ en Syrie. Selon l’accusation ce seraient ses sœurs qui auraient fait disparaître ce sac d’armes avant l’arrivée de la police.

Anissa et Assia sont les seules à ne pas quitter la France, elles vont servir de soutien logistique. La plus jeune est chargée de récupérer les cartes bancaires laissées chez les parents. Elle retirera 32 000 euros provenant de la retraite de son père et de la CAF.

Les sœurs envoient l’argent à leur famille djihadiste en Syrie. Les sommes partent en Turquie par mandat Western Union et Moneygram, avant d’être repérées et interdites de mandat par ces deux sociétés. Elles utilisent ensuite un système communautaire et occulte de transfert d’argent vers les zones de conflit.

Depuis le début, les femmes ne nient pas les faits, mais prétendent ne pas être “radicales”. L’une d’elles assure avoir agi sur ordre de son frère en Syrie pour avoir hébergé et fourni des faux papiers à une femme pour rejoindre l’État Islamique.

Il s’agit d’une pratique de la taqîya, selon la procureure Naïma Rudloff, qui a requis jeudi des peines de cinq et sept ans de prison avec une période de sûreté des deux tiers contre celles qui ont contribué à ce djihad familial. Le verdict sera rendu le 30 octobre.

Source: Le Parisien

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