Rennes. La justice préfère faire confiance à un “jeune”, suite à son altercation confuse avec la police

Image d'illustration/CC Flickr
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Ce mardi 3 septembre, deux policiers de la brigade de nuit de Rennes ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Rennes pour avoir pénétré au domicile d’une famille alors qu’ils n’en avaient pas mandat, suite à un contrôle d’identité en novembre 2018.

Dans la nuit du 8 au 9 novembre 2018, vers 1 h 30, un véhicule patrouille dans le quartier Jacques-Quartier. À bord, deux agents de police et leur officier supérieur. Un “jeune” de 18 ans a un comportement suspect, il semble se cacher.

Les policiers le suivent jusque dans un jardin, qui, selon eux, “ressemble à un squat, avec des sacs-poubelles éventrés”… mais qui s’avère être le jardin de la maison familiale. Ils veulent procéder à un contrôle d’identité.

Accueillis par des insultes, selon les policiers, l’un d’eux aurait agrippé le “jeune” suspect pour le coucher au sol. Ce dernier se débat, appelle son père “au secours”. “Il m’étranglait”, prétend-il dans sa déposition.

Les agents auraient alors décidé de retourner à leur véhicule. Mais le jeune homme les suit, filmant la scène et portant un coup de pied à la voiture de police. Devant cet affront, l’officier aurait alors décidé: “On l’embarque”.

Un des policiers, sortant de la voiture, pénètre à nouveau dans le jardin et se trouve “happé”, selon lui, par le père dans le garage du pavillon.

Lors de l’audience, la vidéo du téléphone portable du “jeune” a été montrée. Son collègue entre à son tour dans la maison et fait l’usage d’une bombe lacrymogène sur les occupants, avant de repartir.

Symptomatique du fossé entre la justice et la police: la présidente a préféré faire confiance au “jeune” plutôt qu’aux policiers qui ont eu, selon elle, une “action non justifiée, dans le seul but d’avoir le dernier mot.”

Le premier agent a été condamné à une peine de quatre mois de prison avec sursis et le second à une peine de trois mois de prison avec sursis. En revanche, les charges concernant l’interdiction de six mois de port d’armes pour un des deux policiers ont été abandonnées.

L’avocat des deux agents, qui avait plaidé la relaxe lors de l’audience du 6 août dernier, envisage de faire appel.

Source: Ouest France.

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